Les artistes franco-ontariens de la relève étonnent par la qualité et la diversité de leur proposition. Pour souligner la Journée des Franco-Ontariens du lundi 25 septembre, voici cinq étoiles montantes en chanson, design graphique, mode, arts visuels et slam.

Un texte de Stéphanie Rhéaume

Ils proviennent de différentes régions de l’Ontario, du Québec, des États-Unis et de l’Afrique, mais leur coeur est bien ancré ici. Nous avons entrepris avec eux une joute de ping-pong artistique, dans laquelle chacun devait proposer un coup de coeur culturel en Ontario français pour poursuivre la partie. Voici les résultats de ce match fort enlevant.

1- Marie-Clô : dévoiler sa vulnérabilité en chansons

La jeune femme native de Fournier a conquis la Planète BRBR en mai en remportant la finale de ce concours musical présenté sur TFO. Finaliste cette année pour Rond Point, elle a obtenu un ticket vers la demi-finale du Festival international de la chanson de Granby et le Festival en chanson de Petite-Vallée. Marie-Claude Sarault, de son vrai nom, ne se destinait pas à évoluer comme auteure-compositrice-interprète, même si elle crée depuis longtemps des chansons pour elle-même.

La scène exerce pourtant un fort magnétisme sur elle depuis l’enfance. À trois ans, elle grimpait sur un bottin de téléphone pour faire des spectacles de claquettes. Son intérêt pour le théâtre la mène au Centre d’excellence artistique De La Salle, avant de poursuivre une formation en comédie musicale au Collège Sheridan de Toronto.

C’est à Sudbury que le vent tourne. Après avoir bourlingué pendant six ans à travers l’Europe et les États-Unis, Marie-Clô se pose enfin dans le nord de l’Ontario pour étudier en éducation. Elle tente en mai 2016 un premier concours, la Brunante dans le cadre de la Nuit sur l’Étang. Et c’était parti pour la comète de l’Est ontarien.

Marie-Clô dévoilera sa pop électro dans un EP à paraître à la fin du mois d’octobre.

2- Philippe Larivière-Durocher : réinventer la marque franco-ontarienne

Le designer graphique et artiste multimédia Philippe Larivière-Durocher accole une esthétique rafraîchissante à l’image de marque de la culture franco-ontarienne. Il réinvente l’art de conjuguer le trille et le lys dans l’imaginaire collectif.

C’est à lui et sa conjointe Anik Charest-Saint-Denis qu’on doit le concept derrière le célèbre t-shirt « RESTEZ CALME - OUI IL Y A DES FRANCOPHONES HORS QUÉBEC » de l’entreprise franco-ontarienne EnTK. Cette création fait désormais partie de la collection permanente du Musée canadien de l’Histoire.

Digne représentant de la génération du millénaire, Philippe fait de la photo, de la vidéo, crée des calligraphies à la main, les numérise et triture le tout, en plus de maîtriser les médias sociaux. Il y a quatre ans, il a mis sur pied son propre studio de création graphique, Créaphil.

Depuis, il appose sa griffe sur divers projets musicaux franco-ontariens. Entre la pochette du futur album de Daniel Groleau Landry et la facture visuelle du single du DJ UnPier pour son remix de « Notre place », Philippe est en train de complètement revamper l’environnement visuel franco-ontarien.

3- Eric Hernandez Aragon : créer du rêve par la mode

Depuis longtemps, Eric rêvait de fabriquer de grosses robes. Petit, il s’émerveillait devant les parures des princesses de Disney, puis devant les robes des jeunes filles lors des Quinceañera, rite de passage dans la culture latino-américaine. Il a commencé à dessiner ses propres créations.

En 2005, Eric décroche un diplôme de l’École de mode du Collège Lasalle à Montréal et développe sa marque Aragon Couture. Au départ, il se spécialise... en « grosses robes »!

« Pendant dix ans, j’ai fait des robes de mariées, des robes de demoiselles d’honneur. C’était une belle fantaisie », se souvient Eric, un brin de nostalgie dans la voix.

Pour espérer gagner sa vie dans la mode, il se lance il y a deux ans dans le prêt-à-porter. Contre toute attente, Eric a choisi de transférer l’an dernier son entreprise et son atelier de couture dans la capitale.

Si Eric a ressenti un coup de coeur pour l’Ontario français, la communauté le lui rend bien. L’Association professionnelle de la chanson et de la musique (APCM) lui a confié la mission d’habiller l’hôtesse du dernier gala des Prix Trille Or.

4- Mique Michelle : donner une voix à ceux qui n’en ont pas

En 2006, Mique Michelle manifeste devant le Parlement européen à Strasbourg pour dénoncer les violences en Tchétchénie.

Parmi la foule rassemblée, certains utilisent le graffiti sur des affiches pour faire valoir leur message.

Originaire de Field dans le nord de l’Ontario, Mique s’est établie dans le secteur de Vanier il y a huit ans pour pouvoir étudier en français à l’université.

Les passants peuvent désormais y admirer une murale haute de 15 mètres, oeuvre colorée réalisée par l’artiste avec l’aide d'acolytes. Elle souhaitait créer un sentiment d’appartenance dans le quartier.

L’artiste métisse transporte ses aérosols là où le besoin se fait sentir. Que ce soit à Détroit ou Sarnia, elle transmet son art à ceux qui cherchent une voix pour communiquer.

5- Kimya : manier les mots pour dénoncer les injustices

Kimya signifie « paix » en lingala, langue parlée en République démocratique du Congo, pays d’origine de Yannick Mbuluku.

Arrivé à l’adolescence au Canada le 9 décembre 2004 en plein verglas, il s’installe avec sa famille à Ottawa. Avant d’en arriver à manipuler les mots avec soin, Kimya a complété une technique en architecture.

Le jeune rappeur et slameur rigole quand on le questionne sur le lien entre les deux. Sa réponse surprend : « L’architecture laisse une empreinte sur les générations futures. La musique, c’est la même chose. Elle va toujours être là et permet de dévoiler des merveilles du passé », explique-t-il avec sagesse.

Celui qui a été nourri par la poésie d’Aimé Césaire fait de la musique pour prendre la parole.

Kimya lance son premier EP Or & Flamme au Mercury Lounge à Ottawa le 5 octobre.

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