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7500 citoyens recevront un texto de la police ontarienne pour élucider un meurtre

La Police provinciale de l'Ontario (PPO) prend des mesures qu'elle qualifie de sans précédent pour élucider un meurtre survenu en 2015. Jeudi, elle envoie un texto à quelque 7500 personnes pour demander des informations dans un dossier d'homicide non résolu.

Le corps de Frederick John Hatch, un Torontois de 65 ans, a été retrouvé partiellement brûlé aux abords de la route près d'Erin, dans le sud-ouest de l'Ontario, le 17 décembre dernier.

L'homme avait été vu pour la dernière fois la veille dans un magasin situé près des chemins Hunt Club Ouest et Merivale, dans le quartier Nepean, à Ottawa.

Le service de police a obtenu les numéros de cellulaires, qui étaient en fonction dans le secteur des chemins Hunt Club Ouest et Merival le 16 décembre 2015, entre 12 h 30 et 15 h 30, grâce aux données d'une station cellulaire située à proximité.

Les informations ont été obtenues à l'aide d'une ordonnance de la cour. Ces numéros seront gardés au dossier jusqu'à ce que le dossier soit résolu.

Le texto, envoyé en français et en anglais, demande aux citoyens de répondre, sur une base volontaire, à quelques questions simples, afin de faire avancer l'enquête. Les enquêteurs pourraient demander une autre ordonnance de la cour afin de contacter les citoyens qui choisiront de ne pas répondre volontairement.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, qui n'est pas directement responsable des actions de la PPO, estime que ce processus peut être une façon productive de résoudre des crimes s'il est utilisé de façon judicieuse.

Il souligne que les autorités policières devront s'assurer de suivre explicitement la loi et de mettre des mesures de protection en place.

Ann Cavoukian, l'ex-commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Ontario, estime que cette façon de faire doit envoyer des signaux d'alarme, en raison des possibilités de détournement de fonction.

Mme Cavoukian, qui est maintenant directrice de Privacy and Big Data Institute à l'Université Ryerson, estime que les données obtenues devraient être détruites après une période précise si les personnes visées décident de ne pas répondre.

Elle craint qu'un refus de répondre soit perçu comme une admission d'avoir commis un acte répréhensible.

De son côté, le détective inspecteur Andy Raffay estime que ces inquiétudes ne sont pas fondées. Il assure que la police protégera les informations qu'elle a obtenues légalement. Il ajoute que les citoyens ne sont pas tenus de répondre au texto.

D'après CBC

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