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À la conquête du marché international en arts visuels

Se buter à des portes fermées, essuyer des refus, attendre des retours de courriels qui n'arrivent jamais : les frustrations peuvent être nombreuses pour les artistes en quête de reconnaissance et d'occasions d'exposer leurs œuvres. Un peintre de l'Outaouais a pris les choses en main en se rendant à New York pour cogner à la porte des galeries d'art de Manhattan.

Un reportage de Christelle D’Amours

Marco Henri, artiste peintre de la municipalité de Val-des-Monts en Outaouais, roule sa bosse dans le milieu artistique depuis une quinzaine d’années. Véritable oiseau de nuit, il se met à ses pinceaux au crépuscule pour réaliser des œuvres mariant la peinture l’acrylique, l’encre de Chine et le fusain sur du papier.

Caressant le rêve de pouvoir vivre de son art, l’artiste a imaginé plusieurs stratégies pour faire rayonner son travail. « Il faut que tu mettes des choses sur ton CV. Il y a des choses que j’ai faites et que je ne referais pas », dit-il en donnant l’exemple de murs payés pour exposer ses toiles ou l’autofinancement de ses expositions.

Dans une entrevue du peintre Marc Séguin, notre interlocuteur fut marqué par les propos de l’artiste. « Si tu veux savoir si ton travail a du potentiel, va à New York. Tu vas savoir assez vite si tu es accepté ou pas », se rappelle-t-il.

« C’est le centre des arts mondial. […] New York c’est la plaque tournante où tout le monde veut entrer [pour percer] sur le marché international », explique M. Henri.

Emportant avec lui 3 volumineux recueils de près de 250 pages qui regroupent plusieurs années de travail, l’artiste est parti à la conquête du marché new-yorkais.

Des rencontres difficiles

En compagnie d’un ami, Marco Henrie s’est présenté sans s’annoncer dans une dizaine de galeries d’art du quartier Chelsea à Manhattan. « Les premières galeries ne nous attendaient pas les bras ouverts », avoue l’artiste.

Certaines galeries n’acceptaient que les artistes dont les œuvres étaient exposées dans des musées ou encore elles proposaient d’envoyer un portfolio par courriel en ne promettant aucune réponse avant au moins deux ans.

« Les autres ne voulaient même pas de cartes professionnelles », dit M. Henrie. Il s'explique les nombreux refus par l'abondance de l'offre plutôt que la qualité de son travail ou ses origines canadiennes. « Les galeries sont saturées […] Il n’y a pas beaucoup de place et la compétition est forte », ajoute-t-il.

Heureux dénouement

Après plusieurs déceptions, les œuvres de Marco Henrie ont finalement trouvé preneur auprès de l’Agora Gallery.

L’artiste est convaincu qu’à l’ère numérique où les contacts et l’envoi de portfolios se font davantage de façon virtuelle, son approche chaleureusement intrusive a contribué au succès de sa démarche.

« Je crois que ça a été favorable de se déplacer et de cogner aux portes. D’avoir dit bonjour et merci », réfléchit-il.

Pour la prochaine année, un contrat de représentation lie M. Henrie avec l’Agora Gallery à New York. L’établissement s’est engagé à diffuser de la publicité faisant la promotion des œuvres de l’artiste, en plus d’en afficher une vingtaine sur leur site web.

Le travail du peintre gatinois sera aussi représenté par cinq ou six œuvres lors d’un vernissage collectif à Manhattan le 12 juillet 2018.

Les portes s’ouvrent

Outre leur visibilité augmentée auprès des collectionneurs et investisseurs new-yorkais, les œuvres de Marco Henrie attirent désormais l’attention de nouveaux curieux et amateurs d’art canadiens.

Depuis l’annonce de son partenariat avec l’Agora Gallery, il a déjà vendu une dizaine d’œuvres en quelques semaines.

Bientôt, l’artiste compte se rendre à Montréal et à Toronto pour présenter son travail. Il planifie même un voyage à Paris l’été prochain.

« New York va ouvrir la porte à Paris. Je crois que si tu as exposé à New York, c’est un peu plus facile d’aller dans les grands centres ceux-là », se réjouit-il.

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