Retour

À la recherche de l'identité afro-canadienne

À moins de deux semaines du Mois de l'histoire des Noirs, trois membres de la communauté de se sont questionnés sur l'identité afro-canadienne et sont revenus sur des événements qui ont marqué la dernière année.

Un texte de Yasmine Mehdi pour Les Malins

« L'identité afro-canadienne est trop souvent occultée par l'identité afro-américaine », a déclaré d'emblée César Ndéma-Moussa, éducateur et consultant en équité.

« On essaie d'avoir une identité à travers notre musique, la langue de nos parents qui sont des Caraïbes ou de l'Afrique, mais je trouve ça très difficile », a renchéri l'entrepreneure Ketcia Peters, du Comité d'action communautaire et policière COMPAC.

Cultiver la mémoire

Le Mois de l'histoire des Noirs se veut d'abord une occasion de reconnaître les contributions des Canadiens noirs.

« Trop souvent, dans le milieu de l'éducation, [l'histoire] des personnages noirs tels que Mathieu Da Dosta n'est pas enseignée », s'est désolé M. Ndéma-Moussa.

« Il y a aussi les Afro-Canadiens qui viennent des descendants de loyalistes ou d'esclaves noirs venus en Nouvelle-Écosse pendant la guerre de Sécession », a rappelé Aminata Farmo, étudiante en communication sociale et activiste.

Ils constatent néanmoins que des progrès ont été accomplis à cet effet. M. Ndéma-Moussa et Mme Farmo se sont notamment réjouis du choix de Viola Desmond, une activiste afro-néo-écossaise, comme visage qui ornera les billets de 10 $ à compter de 2018.

S'affirmer par la musique

L'année 2017 a également été celle de la reconnaissance du hip-hop comme genre musical à part entière au Québec.

Pour preuve, l'ADISQ remettait cette année pour la toute première fois un Félix dans cette catégorie.

Pour Mme Peters, un gage de reconnaissance pour cette musique créée par des Afro-Américains était nécessaire.

« À cause de l'esclavage, on s'est fait arracher notre héritage, notre langage et notre culture pendant 400 ans », a-t-elle déclaré.

« Il y a effectivement un énorme retard, mais la musique hip-hop, comme toutes les musiques noires - que ce soit le jazz ou le blues - viennent de revendications par rapport à l'oppression », a rappelé M. Ndéma-Moussa.

Il dit accueillir moins favorablement la marchandisation « blanche et capitaliste » du hip-hop, ainsi que sa tendance à véhiculer certains stéréotypes raciaux.

Comprendre le phénomène Trump

Un an après l'assermentation de Donald Trump à la Maison-Blanche, la question des tensions raciales grandissantes au sud de la frontière s'est imposée.

« C'est certain que ça nous affecte tous. Ce que j'en tire comme leçon, c'est que la liberté n'est pas acquise. Avec ce qui se passe aux États-Unis, il faut être vigilants au Canada », s'est inquiétée Mme Farmo.

Pour sa part, Mme Peters ne se soucie pas autant de Donald Trump et de ses discours affirmés que d'autres formes de discriminations plus subtiles.

« C'est difficile de savoir si je ne me fais pas embaucher pour un travail parce que je ne suis pas qualifiée ou [...] à cause de mon identité. C'est ce qui me dérange le plus », a-t-elle indiqué.

« Quand on parle de racisme systémique, de Donald Trump et du Mois de l'histoire des Noirs, tout cela est un condensé de ce qui est permanent dans la vie des Noirs chaque jour », a conclu M. Ndéma-Moussa.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Ce chat paresseux n'ouvre même pas les yeux pour miauler





Rabais de la semaine