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À Petawawa, des militaires canadiens se préparent pour le Mali

Après que les premiers militaires canadiens eurent foulé le sol du Mali, un escadron d'hélicoptères de Petawawa, dans l'Est ontarien, s'apprête aussi à s'envoler vers l'Afrique de l'Ouest pour intégrer une périlleuse mission de maintien de la paix. Rencontre avec le major Dominique Simard, un pilote de Chinook qui sera responsable des évacuations aéromédicales pour les Nations unies.

Un texte de Yasmine Mehdi

Dans un vaste hangar où s’entassent boîtes de métal et uniformes kaki, les soldats du 450e escadron tactique d’hélicoptères de Petawawa bouclent les derniers préparatifs de leur déploiement.

Ici, l’atmosphère est fébrile. Dans quelques jours, ces soldats quitteront l’humidité de l’Est ontarien pour l’aridité du désert malien, où ils se joindront aux forces onusiennes en place depuis 2013.

Dominique Simard, 35 ans, fait partie des quelque 250 militaires canadiens qui porteront bientôt un Casque bleu. Sourire timide et accent saguenéen, le pilote d’hélicoptère n’en est pas à sa première mission à l’étranger ; après l’Afghanistan en 2010, il dit avoir très hâte de partir au Mali.

« On se prépare beaucoup pour les déploiements », explique-t-il. « Le fait d’avoir une mission et un objectif, ça gratifie le travail qu’on fait quotidiennement. »

Depuis près de trois mois, le major Simard et ses hommes s’entraînent sans relâche à Petawawa, en plus de s’être rendus sur les bases de Cold Lake et de Wainwright, en Alberta.

Ils veulent être fin prêts : la mission de maintien de la paix qu’ils s’apprêtent à intégrer est la plus meurtrière en cours et déjà coûté la vie à plus de 160 Casques bleus.

« Le risque principal pour lequel on se prépare est relié à l’environnement, à la chaleur et aux conditions poussiéreuses », explique le major Simard. « On a fait plusieurs scénarios par jour pendant plusieurs semaines pour vraiment développer les procédures qu’on va utiliser au Mali. »

Car Dominique Simard ne sera pas seul à bord du Chinook. Il transportera une équipe de premiers répondants médicaux chargés de porter secours aux soldats blessés au milieu du désert. « Le plus rapidement possible », souligne le major, en désignant les civières et le matériel médical à l’intérieur de l’hélicoptère.

En tout, le gouvernement fournira six hélicoptères à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), pendant un an.

Une contribution annoncée en mars et qualifiée de modeste par plusieurs experts, puisque plus de 12 000 soldats d’une cinquantaine de pays participent déjà à la mission malienne de l’ONU.

Une mission meurtrière dans un pays instable

Dominique Simard est enthousiaste à l’idée de « partir aider la MINUSMA ». Il dit avoir confiance en son équipe et rappelle que les Canadiens seront responsables des évacuations aéromédicales : un rôle de soutien, qui devrait les exposer à moins de danger.

« C’est dur de passer le même niveau de confiance à nos familles, même si leur soutien est très important dans notre travail », avoue néanmoins le jeune père de famille.

« Même en essayant de rassurer nos familles et en leur disant que le risque est mitigé [...] ça fait partie de leur travail de s’inquiéter pour nous. »

« On parle de mouvements terroristes, on parle de groupes armés irréguliers, on parle de problèmes politiques, il y a des conflits entre les différentes ethnies, donc c’est extrêmement complexe » souligne le directeur général d’Avocats Sans Frontières Canada, Pascal Paradis, qui rappelle que la signature d’accords de paix en 2015 n’a pas stoppé la violence au nord et au centre du Mali.

« Par contre, l’impact que le Canada peut avoir au Mali par rapport à d’autres situations dans le monde est très significatif et je pense que c’est une contribution dont on peut être fiers et qui peut avoir un impact là-bas, mais ici aussi », croit l’expert.

Le major Dominique Simard abonde dans le même sens: « C’est une mission très valorisante. La tâche qu’on va faire, préserver la vie des troupes, c’est très gratifiant comme travail », sourit le militaire.

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