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À Stittsville, la colère des patients exposés à du matériel médical mal nettoyé

Des milliers de patients d'une clinique de Stitsville, à Ottawa, devront subir des tests de dépistage de l'hépatite B, de l'hépatite C et du virus de immunodéficience humaine (VIH) après avoir appris que le Main Street Family Medical Centre avait pu les exposer à du matériel médical mal nettoyé.

« J'ai mal au coeur. Je ne peux même pas imaginer l'étendu de ce problème, que ça ait duré aussi longtemps », soupire Louise Sullivan.

L'Ottavienne raconte avoir reçu jeudi une lettre l'informant qu'elle faisait partie des quelque 4600 personnes qui ont pu être exposées à du matériel médical insuffisamment nettoyé dans la clinique du sud-ouest d'Ottawa.

Il y a quelques années, elle s'est rendue au 1251, rue Stittsville Main afin qu'on lui retire une tique.

Une enquête menée par Santé publique Ottawa, Santé publique Ontario et le ministère ontarien de la Santé et des Soins de longue durée a toutefois démontré que des patients avaient pu être exposés à du matériel médical insalubre entre décembre 2003 et avril 2018, soit depuis l'ouverture de la clinique.

« Évidemment, on a perdu toute confiance pour la clinique. Maintenant, des milliers de personnes doivent se chercher un nouveau médecin de famille », déplore Mme Sullivan, qui attend toujours le résultat de ses tests de dépistage.

Une autre ex-patiente, Colleen Cantwell, abonde dans le même sens.

« On ne devrait pas avoir peur de se rendre dans un endroit où [les gens] sont censés nous aider », considère-t-elle. Son fils âgé de 28 ans a également reçu une lettre l'informant qu'il faisait partie des anciens patients à risque.

Le Main Street Family Medical Centre rouvre ses portes

Après la conclusion de son enquête en avril, Santé publique Ottawa a d'abord interdit au Main Street Family Medical Centre de mener des interventions médicales.

La médecin adjointe en santé publique de Santé publique Ottawa, Geneviève Cadieux, a indiqué que d'autres inspections avaient eu lieu depuis et que la clinique avait été autorisée à reprendre ses opérations - à l'exception des points de suture - le 12 juillet.

L'agence de santé publique a par ailleurs indiqué que des ressources en santé mentale étaient disponibles pour les anciens patients en ayant besoin, mais qu'elle n'avait pris connaissance d'aucun cas d'infection pour l'instant.

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