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Abolir les catégories genrées dans les galas musicaux

Le concept de la parité est dans le vent. De plus en plus, on voit des conseils des ministres paritaires.Le milieu des affaires défonce aussi tranquillement le plafond de verre, permettant aux femmes d'accéder aux rênes des entreprises. Qu'en est-il du milieu culturel? Parce qu'on est en 2017, la baladodiffusion Labrosse-Wellington s'interroge sur la pertinence des catégories de genre dans les galas.

Un texte de Stéphanie Rhéaume pour la balado Labrosse-Wellington 

La capitale fédérale revêt ses plus beaux habits de gala au printemps. Après les prix JUNO au début avril, c’est au tour des artistes de la chanson et de la musique francophone d’être à l’honneur avec les prix Trille Or.

Le journaliste culturel Jean-François Chevrier anime une série de capsules Internet en amont de la grande fête bisannuelle de la chanson et de la musique francophones.

Dans une vidéo ludique, il s’est amusé à fusionner les visages des nommés dans les catégories interprètes masculins et interprètes féminines, une sorte de pied de nez bon enfant au classement par genre encore en place.

Selon lui, il serait intéressant que le milieu artistique joue un rôle d’avant-garde pour faire tomber ces divisions.

Réflexion à entreprendre

Aux Trille Or cette année, les nommés dans les catégories Meilleur groupe et Meilleur spectacle sont uniquement des hommes. Dans la course pour le titre du Meilleur album et du Meilleur auteur, compositeur ou auteur-compositeur, la Fransaskoise Anique Granger fait figure d’ovni rose parmi les aspirants.

A priori, il lui semble farfelu que cette catégorisation par genre existe toujours. Anique Granger reconnaît cependant que ce dédoublement entraîne une plus vaste distribution de prix.

Pour elle, trancher la question de la pertinence des catégories demeure difficile, mais il reste qu’on doit se questionner davantage, selon elle, sur nos rapports de genre en société pour aborder cette question.

La journaliste culturelle Karine Lessard partage elle aussi cette ambivalence.

« Avant toutes les catégories, avant les galas, qu’y a-t-il ? Il y a la musique! Et avant la musique, il y a l’émotion. Quand je vais voir un artiste ou un groupe en spectacle, je ne m’en vais pas les voir parce que c’est un groupe masculin, féminin ou un artiste solo », explique-t-elle. « Ce sont les émotions qui me guident, peu importe qui chante. Peut-être faudrait-il fusionner les catégories? En même temps, je m’inquiète pour la place des femmes. »

L’industrie musicale : deux réalités

Si les femmes prennent leur place sur scène comme artistes, à titre d’interprètes ou encore d’auteures-compositrices-interprètes, elles demeurent minoritaires dans les groupes musicaux et en réalisation.

Mehdi Cayenne, qui domine les nominations aux Trille Or avec 11 mentions, juge que le milieu est plus difficile pour ses collègues féminines.

Une classification encore pertinente

La blogueuse et chroniqueuse résolument féministe, Catherine Voyer-Léger, rêve d’un idéal dénué de catégories. Cependant, elle sait fort bien que les oeuvres portées par des femmes risqueraient de tomber dans l’oubli, noyées par la « majorité virile ».

Elle donne en exemple le milieu du cinéma où les rôles significatifs sont généralement des personnages masculins. L’auteure de l’essai Métier critique relève aussi qu’encore aujourd’hui, les hommes obtiennent plus de visibilité dans les médias que leurs collègues féminines.

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