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Alain Gascon dit qu'il entretenait une relation difficile avec Angela DiStasio

Au palais de justice de Gatineau, mercredi, un homme accusé du meurtre prémédité de son épouse a témoigné à son propre procès, même si rien ne l'y obligeait.

Un texte de Pascale-Marie Dufour

Alain Gascon tenait à expliquer ce qui s'est réellement passé le 20 avril 2014, jour où il a tué Angela DiStasio. Il tenait à étayer le contexte du drame.

M. Alain Gascon reconnaît avoir tué sa femme, mais conteste toutefois l'accusation de meurtre prémédité qui pèse contre lui.

L'accusé a décrit au jury son union de 25 ans avec Mme DiStasio. Même s'ils ont eu cinq enfants, c'était une union chaotique, avec des hauts et des bas, des querelles, de la jalousie, ponctuée de séparation et de retrouvailles.

Depuis plusieurs années, M. Gascon souffrait de dépression. Il consommait beaucoup de médicaments, non seulement ceux prescrits par son médecin pour traiter des problèmes d'anxiété et de coeur, mais aussi d'autres obtenus de façon illicite, comme de l'OxyContin, du Percocet, de la morphine et diverses pilules qu'il ne pouvait identifier. Il consommait également de la marijuana, de la cocaïne et des stéroïdes.

C'est son gendre qui l'approvisionnait en drogues et médicaments. Selon M. Gascon, prendre des comprimés l'aidait à dormir et coûtait moins cher que de l'alcool.

Nouvelle rupture

Mars 2014 : une nouvelle rupture du couple, qui semble cette fois-ci définitive. Mme DiStasio est partie vivre chez l'un de leur fils. C'est là où s'est rendu l'accusé le soir de Pâques, le 20 avril 2014.

M. Gascon s'est présenté chez son fils; sa femme l'a fait entrer. Il raconte s'être installé dans le salon alors que Mme DiStasio cuisinait. Mais rapidement, elle lui aurait demandé de partir, puisqu'elle attendait un copain.

Une violente querelle a éclaté. Mme DiStasio se serait approchée de lui avec dans les mains un poêlon et une fourchette à rôti et l'aurait frappé au visage avec le poêlon. Ensuite, elle serait allée dans une chambre pour répondre au téléphone.

L'accusé, en état de choc, l'aurait suivie et giflée à deux reprises au visage. Il aurait ensuite empoigné la fourchette à rôti et l'aurait plantée deux fois dans l'abdomen de sa femme.

Toujours fortement secoué, M. Gascon aurait constaté la gravité des blessures. Il s'est alors rendu chez sa fille où la police a été appelée.

Le quinquagénaire a raconté cette histoire au jury en pleurant à plusieurs reprises. Il doit subir jeudi matin son contre-interrogatoire.

Une lettre

À la suite de l'arrestation de M. Gascon en avril 2014, les policiers ont fouillé son domicile du secteur de Quyon, dans le Pontiac. Ils ont trouvé dans une poubelle une lettre déchirée. Ce document a été présenté en cour comme preuve.

C'était une lettre manuscrite de l'accusé destinée à ses enfants. Il y explique qu'il ne peut plus vivre sans leur mère; il est désolé et leur demande de lui pardonner et de prier pour le salut de son âme. Le père de famille leur recommande de prendre soin du plus jeune des enfants. Il affirme qu'aucun médicament n'a fonctionné, que son coeur est brisé. Il termine en disant qu'il souhaite être enterré aux côtés de son épouse.

Questionné sur la signification de cette dernière phrase, M. Gascon a expliqué que la lettre avait été écrite quelques semaines plus tôt, lors d'une tentative de suicide. Il souhaitait mourir et voulait que sa femme soit enterrée à ses côtés le jour où elle mourrait à son tour.

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