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Alexis Lepage, jeune triathlonien d'expérience

Alexis Lepage est encore relativement inconnu des amateurs de sports au pays, mais les adeptes du triathlon ont déjà entendu le nom de celui qui est devenu vice-champion canadien, il y a un mois. Et dans les prochaines semaines, il disputera deux courses au Canada, dont une à Montréal, au début du mois d'août.

Un texte de Michel Chabot

Lepage n’a que 23 ans, mais il a déjà 13 ans de triathlon derrière la cravate.

« J’ai commencé à faire du ski de fond à l’âge de trois ans, se souvient-il. C’est devenu un peu plus compétitif vers 8, 9 et 10 ans. Et j’ai commencé à essayer de me trouver un sport pour rester en forme l’été. J’ai essayé le vélo de montagne mais je n’étais pas super bon, je tombais souvent. »

Finalement, un article dans le journal l’incite à se lancer dans le triathlon. C’est le début d’une histoire d’amour.

« C’est vraiment plaisant et on ne se tanne pas d’en faire, comme il y a trois disciplines dans le même sport. »

Le jeune homme prendra part aux Jeux du Québec en 2007 avant de devenir champion canadien junior, six ans plus tard. En 2014, il se classera 7e aux mondiaux chez les moins de 23 ans.

Et l’année en cours s’avère jusqu’ici un excellent cru.

« J’ai commencé ma saison en mars, à Sarasota, en Floride, où se tenaient les Championnats panaméricains, raconte Lepage. Nous (le Canada) avons obtenu la médaille d’or au relais mixte. Par la suite j’ai fait une coupe continentale à Hamilton, aux Bermudes, où j’ai fini troisième et deuxième à une autre coupe continentale, à Richmond. Aux Championnats canadiens, à Ottawa, j’ai fini deuxième et je suis devenu champion universitaire. »

Le week-end dernier, à Hambourg, il a aidé le Canada à prendre le 5e rang des mondiaux de relais mixte, épreuve qui sera à l’affiche des Jeux olympiques de 2020 à Tokyo, où il rêve de se retrouver sur le podium.

Sa progression lui permet de penser que c’est possible.

« Comme je suis deuxième au Canada actuellement, c’est très envisageable estime l'athlète de 1,93 mètres. Normalement le Canada prend trois hommes et trois femmes. Je suis en plein dans les standards mais ça reste à confirmer avec les résultats. »

Il aura alors 26 ans, un âge où la crème du triathlon atteint son apogée.

Des chiffres surréalistes

Triathlonien depuis plus de la moitié de sa vie, Alexis Lepage est bien placé pour constater à quel point son sport évolue.

La plus grosse différence se situe toutefois au niveau de la course à pied. À titre d’exemple, Lepage mentionne les performances des frères Brownlee, Allistair et Jonathan, premier et deuxième du triathlon des Jeux de Rio il y a un an.

« Ils courent le 10 kilomètres dans les 28 minutes, donc c’est à un tout autre niveau que dans le temps. »

Le natif de Montréal ne ménage pas ses efforts pour atteindre les plus hauts sommets de son sport. En 2016, il a parcouru 884 kilomètres à la nage, 14341 en vélo et 2576 à la course. Des chiffres ahurissants pour le commun des mortels.

« Normalement on s’entraîne entre 20 et 35 heures par semaine, selon qu’on soit en camp d’entraînement ou en repos, dit-il. On s’entraîne beaucoup mais on essaie d’avoir un équilibre de vie. Ça aide aussi les performances. »

Futur homme d’affaires

Le triathlon ne prend pas toute la place dans sa vie d’athlète. Il étudie à l’Université Laval dans le but d’obtenir un baccalauréat en administration des affaires dans le but de lancer sa propre entreprise.

« Ça risque d’être axé sur la finance, pour faciliter l’accès aux investissements à la bourse pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail ou les étudiants qui veulent en apprendre un peu plus. »

D’ici là, Lepage est loin de songer à la retraite. À Montréal, le 6 août prochain, il compte bien se dépasser.

« Je veux m’amuser, donner mon 110 %, mentionne Lepage. C’est sûr que j’aimerais battre mon meilleur classement en WTS, qui était une 25e place. Un top 25, top 20 ce serait une bonne performance. Peut-être que ça ira encore mieux avec les encouragements de ma famille et de mes amis et des Québécois. »

Seul athlète de la province dans ce triathlon, Lepage espère être le chouchou de la foule mais il souhaite surtout faire oublier sa performance de l’année dernière.

« Je m’étais cassé le scaphoïde trois semaines avant la compétition. J’ai eu une petite chirurgie, donc une vis dans le poignet. Je n’avais pas encore récupéré à 100 pourcent et j’ai raté une bonne partie de la saison. Là, je suis doublement confiant et excité pour la course surtout que c’est en partie dans le Vieux-Montréal et nager dans le fleuve c’est toujours vraiment agréable. »

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