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Après une longue attente, un travailleur exposé au benzène reçoit ses indemnités

Mitch LaPrade s'est battu pendant 11 ans pour prouver que son cancer était dû à une exposition au benzène dans son milieu de travail. Il a reçu les compensations financières six mois après avoir obtenu gain de cause au tribunal.

Mitch La Prade dormait lorsque le courrier est arrivé et c'est sa femme qui l'a réveillé. Quand il a ouvert les enveloppes, 14 chèques en sont sortis, chacun d’un montant différent et sans document explicatif ni d’indications détaillant comment la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) avait calculé les montants.

« Le livreur de FedEX a juste jeté les enveloppes brunes sous notre porche », raconte Mitch LaPrade qui habite à Long Sault dans l'Est de l'Ontario.

L'homme de 57 ans s’est battu contre la CSPAAT pendant 11 ans pour faire reconnaître que sa leucémie lymphoïde chronique était due à une exposition à une substance cancérigène. Du benzène, un produit chimique se trouvait en effet dans les solvants utilisés pour nettoyer les presses à l’imprimerie où il a travaillé pendant deux décennies.

Pas d'explications

Les chèques de la CSPAAT constituent des prestations pour perte de gains, l’une des formes de compensation auxquelles les travailleurs blessés ont droit et qui s'élève à 85 % du salaire. La maladie avait obligé Mitch LaPrade à arrêter de travailler en 2006.

Mais sans document à l’appui, Mitch LaPrade dit qu’il ignore comment la CSPAAT a fait son calcul et s’il peut garder tout l'argent.

Lorsqu’il a arrêté de travailler, il a touché l’assurance-emploi et une pension d’invalidité, mais maintenant que l’indemnisation des travailleurs lui a été accordée, il pourrait devoir rembourser ces montants.

« Ce n’est pas encore mon argent », dit-il alors qu’il s’attend à devoir rembourser le gouvernement avec une portion importante de ce que la CSPAAT lui a versé.

Une revanche, mais trop tard

Même si Mitch LaPrade s’est battu pour ces versements pendant plus de dix ans, il dit qu’il ne peut s’empêcher de penser que les premières années de sa maladie auraient pu être beaucoup moins stressantes s'il avait été compensé plus tôt.

Il affirme que les chèques représentent un peu une revanche et qu’ils lui donnent l'impression qu'il n’a pas fait tout ça pour rien. Il admet cependant avoir l'impression qu’ils sont arrivés trop tard.

« Je ne peux même pas dépenser cet argent », dit Mitch LaPrade qui est beaucoup trop fatigué pour faire ce qu’il aimait faire avant comme du golf et des voyages.

Lorsque CBC l’a contactée, la CSPAAT a refusé de commenter invoquant des questions de confidentialité.

Six mois d'attente

Mitch LaPrade a obtenu gain de cause en novembre dernier lorsque le Tribunal d'appel de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail a tranché en sa faveur.

Selon son avocate, Bernadette Clement, une attente de six mois pour des indemnités « n’est pas rare ».

Si les décisions du tribunal sont indépendantes et définitives, dit-elle, la décision est transmise à la CSPAAT pour sa mise en œuvre et il y a souvent encore d’autres délais.

« C’est de la bureaucratie et c’est frustrant et ça arrive à des travailleurs qui ne sont pas en bonne santé », regrette-t-elle.

« Il y a beaucoup de colère et de frustration. Ils ont l’impression que leurs vies sont tellement brisées par la blessure au travail et ils sont victimisés à nouveau par tout le processus. »

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