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Armes à feu : le projet de registre québécois a du plomb dans l’aile en Outaouais

Le registre des armes à feu ayant été abandonné par le gouvernement fédéral, le Québec s'apprête à faire cavalier seul en mettant en place son propre système d'immatriculation. Mais de nombreuses voix s'élèvent dans la Belle Province contre le projet de loi 64, notamment en Outaouais.

Plus de 16 000 personnes appuient le groupe Facebook opposé au projet de registre. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui est aussi députée de Gatineau, est étonnée par ce mouvement de contestation.

« Ce n'est pas compliqué. Il n'est pas question de criminaliser qui que ce soit. Au contraire, c'est une question de sécurité. [...] Il n'y aura pas de supplément pour le propriétaire de l'arme et on le fait à l'intérieur d'un cadre financier qui est très limité », indique-t-elle.

Pourtant, les préoccupations sont particulièrement vives concernant les coûts d'instauration et de gestion du registre, mais aussi sur la pertinence de ce dernier en terme de priorité.

« On parle avec des milliers de chasseurs constamment. On est sur des pages spécifiques reliées à la chasse. Je peux [...] dire que l'ensemble des chasseurs est contre un registre des armes à feu au Québec », affirme Michel Petit, qui produit une émission de télévision sur la chasse.

Un impact économique en Outaouais

Daniel Larocque, le propriétaire de la boutique L'Archerot, un magasin spécialisé dans les articles de chasse et pêche à Gatineau, soutient qu'il ressent déjà les répercussions de la position du Québec.

« Les deux dernières années que le Québec tenait au registre [alors] que le reste du Canada l'avait aboli, j'ai subi 50 % de ventes en moins », souligne le commerçant.

Plutôt que de continuer à essuyer des pertes, il a pris la décision de réviser sa commande d'armes à la baisse pour 2016. Il estime que la situation géographique de l'Outaouais, à la frontière entre le Québec et l'Ontario, pourrait inciter certains à quitter le Belle Province pour chasser ou acheter des armes.

« La clientèle qui va refuser ou bouder le registre, ils vont traverser de l'autre côté ou commander en ligne hors province pour acquérir l'arme qu'ils désirent avoir sans l'enregistrer », prédit-il.

La ministre Vallée a beau souligner que le projet de loi stipule que les armes détenues par un particulier sur le territoire du Québec devront être immatriculées, M. Larocque est persuadé que certains ne s'y plieront tout simplement pas par principe, quitte à être dans l'illégalité.

À cela s'ajoute le fait que le futur dispositif prévoit que les armes soient burinées à fin d'identification. Des experts du domaine de la chasse soutiennent que cela peut les faire perdre de la valeur sur le marché des armes usagées.

Une promesse de politiciens pour certains

L'Association canadienne pour les armes à feu (ACAF), qui revendique 75 000 membres au pays, dont une cinquantaine en Outaouais, prétend réaliser des gains importants au Québec à cause de ce débat.

En plus de lutter contre le registre, l'organisation milite pour que le port et la possession d'armes constituent des droits comme aux États-Unis.

Dans le cas Michel Petit, il n'est pas question de prôner une culture des armes. Selon lui, le débat se situe autour de l'ingérence de l'État dans les affaires des chasseurs.

« D'après bien des chasseurs, le gouvernement en sait déjà assez. Ils doivent détenir un permis de possession et d'acquisition d'armes, et avoir réussi un cours de maniement des armes à feu », rappelle ce dernier, qui considère son fusil de chasse comme son outil de travail.

D'après un reportage de Catherine Lanthier

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