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Arrestation d'un entraîneur de gymnastique pour de multiples agressions sexuelles

La Police régionale de Peel, en banlieue de Toronto, allègue que l'entraîneur de gymnastique Scott McFarlane a commis plusieurs agressions sexuelles sur une période de quatre ans contre une adolescente qui est aujourd'hui âgée de 15 ans.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

La police affirme que c'est la présumée victime qui l'a contactée plus tôt ce mois-ci pour lui parler du comportement de son entraîneur. Scott McFarlane, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt national, s'est rendu aux autorités lundi.

L'homme de 28 ans est notamment accusé d'agression sexuelle, d'incitation à des contacts sexuels, de leurre d'enfant et d'attentat à la pudeur contre une mineure de moins de 16 ans.

La police pense qu'il pourrait y avoir d'autres victimes. Elle appelle les gymnastes ou toute autre personne à entrer en contact avec elle pour lui communiquer toute information pertinente à ce sujet.

Scott McFarlane est un entraîneur connu dans la région de Peel, où il encadre des gymnastes à Oakville. Il a aussi formé de jeunes gymnastes à Ottawa, à Regina et dans l'ouest du pays.

Le propriétaire du club Manjak's Gymnastics de Mississauga, Kelly Manjak, se dit consterné par les accusations qui ont été déposées contre lui. Il venait de l'embaucher à la fin septembre.

Kelly Manjak explique qu'il a toutefois renvoyé Scott McFarlane quelques semaines plus tard après une entorse au protocole relativement aux réseaux sociaux. Il dit que son avocat lui a interdit d'en dire plus à ce sujet.

Gymnastique Canada dit qu'elle ignorait que l'entraîneur faisait l'objet d'allégations de nature criminelle avant d'en être avertie par la police plus tôt ce mois-ci. L'organisation nationale reconnaît néanmoins que la Fédération ontarienne l'avait prévenue à l'automne de sa décision de le suspendre temporairement, mais seulement pour harcèlement sans plus de détails.

Le président du conseil d'administration de Gymnastique Canada, Richard Crepin, affirme que son organisation ne tolérera aucun écart de conduite de la part de ses employés et entraîneurs. Il dit accorder tout son soutien à la jeune présumée victime dont il salue le courage pour avoir dénoncé son entraîneur. « On a tout le temps l'athlète en tête, c'est toujours l'athlète que l'on veut et doit protéger. » Il espère qu'il ne s'agit toutefois que d'un cas isolé.

M. Crepin doit aborder la question de la sécurité des athlètes lors d'une rencontre sportive lundi à Québec, mais il appelle en attendant les témoins, gymnastes, parents ou personnel, à sortir de leur mutisme s'ils sont au courant de quelque chose d'anormal dans le gymnase.

Dans un communiqué, la Fédération ontarienne de gymnastique affirme qu'elle a déjà mis en place des procédures pour contrôler et filtrer les entraîneurs, les juges, les employés, les bénévoles et le personnel qui accompagnent les athlètes dans leurs déplacements. Elle ajoute que ces mesures font l'objet de révisions constantes en vue de minimiser les risques et d'assurer la sécurité des jeunes gymnastes dans la pratique de leur sport.

Scott McFarlane est depuis vendredi suspendu indéfiniment de la Fédération de gymnastique de l'Ontario et de Gymnastique Canada. Il a comparu au palais de justice de Brampton, où il a été libéré sous caution moyennant certaines conditions (comme celles de ne pas approcher la présumée victime de 15 ans ou de se tenir dans des centres de sport ou de conditionnement physique). Sa prochaine comparution aura lieu le 28 février.

Son arrestation survient quelques jours après la condamnation de l'ancien médecin américain Larry Nassar, qui a été condamné la semaine dernière de 40 à 175 années de prison pour des crimes de nature sexuelle contre des gymnastes américains. Il purgeait déjà une peine pour possession de matériel pornographique mettant en scène des enfants lorsque sa peine a été alourdie.

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