Retour

Attaque à Toronto : des répartiteurs du 911 témoignent de l'attaque

Une semaine après le drame, deux répartiteurs du 911 et un ambulancier relatent l'horreur dont ils ont été témoin lors de l'attaque au camion-bélier qui a fait 10 morts et 16 blessés.

Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

John Sherley, répartiteur du 911

Une minute après le début de l'attaque, le répartiteur au 911 John Sherley répondait à des appels de passants en détresse. « Les appels rentraient presque instantanément, nous étions tous extrêmement concentrés sur la tâche. Un appel à la suite de l'autre, sans arrêt. »

Durant les minutes qui ont suivi, M. Shirley a fait un triage des patients au téléphone et a aidé à coordonner les ambulanciers sur le terrain afin que les patients les plus gravement blessés puissent être secourus en priorité.

Comme plusieurs de ses collègues, il a eu de la difficulté à dormir pendant plusieurs nuits après le drame. « Je tente toujours de trouver un sens à tout ça, ce sont des moments qui défilent un après l'autre dans ma tête », dit-il.

Chris Rotolo, ambulancier

Chris Rotolo répondait à un autre appel, près des rues Finch et Yonge, lorsqu'il a entendu des appels inquiétants sur la radio d'un policier.

Son partenaire et lui ont rapidement appellé leurs répartiteurs. Ceux-ci ont répondu de se rendre immédiatement sur les lieux du drame.

« Tout ce qu'on savait, c'est qu'il y avait plusieurs blessés graves à la suite d'une collision avec une fourgonnette », dit-il. À leur arrivée, la scène est chaotique, mais le triage des patients a déjà commencé. M. Rotolo a donc pris rapidement soin d'une personne dans un état critique, et a quitté les lieux pour l'hôpital Sunnybrook.

« Ce soir-là, j'écoutais le hockey, et puis j'ai vu les nouvelles, et j'ai enfin réalisé l'ampleur du drame. Moi aussi j'ai eu de la misère à dormir, mais je me console en me disant qu'on a tous fait de notre mieux ».

David Laskovski, répartiteur au 911

Depuis le drame, un autre répartiteur au 911, David Laskoviski, offre une oreille attentive à ses collègues. Il fait partie d'un programme interne de prévention du choc post-traumatique.

« Le tueur semblait viser les femmes, et c'est cet élément qui semble particulièrement affecter les intervenants de première ligne à qui je parle », dit-il. « Ils ont de la misère à croire qu'un tel événement ait pu se produire à Toronto, ça porte atteinte à notre perception de la sécurité ».

Le jour de l'attaque, les répartiteurs de Toronto ont reçu 1200 appels au 911 en moins de deux heures, alors qu'ils en reçoivent moins de 400 durant cette période en moyenne.

Avec la collaboration de Philippe de Montigny et Farrah Merali

Plus d'articles