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Attaque au camion-bélier : dix accusations de meurtre contre Alek Minassian

L'homme de 25 ans arrêté après une attaque « insensée » au camion-bélier qui a fait 10 morts et 14 blessés dans le nord de Toronto, lundi, fait face à 10 chefs d'accusation de meurtre prémédité.

Alek Minassian a aussi vu 13 chefs d'accusation de tentative de meurtre portés contre lui lors d'une brève comparution en cour mardi matin.

En conférence de presse en après-midi, Graham Gibson, de la police de Toronto, a affirmé qu'une 14e accusation de tentative de meurtre devrait être portée sous peu. M. Gibson, qui est en charge de l'enquête, a précisé qu'il y avait bien 14 blessés et non 15 tel que précédemment affirmé. De plus, le possible motif n'a toujours pas été établi par les enquêteurs.

Selon la police, Minassian est le conducteur présumé de la fourgonnette louée qui a foncé sur des piétons le long de la rue Yonge lundi après-midi. M. Gibson a affirmé que la majorité des victimes étaient des femmes.

De plus, certaines des victimes ont reçu leur congé de l'hôpital, mais M. Gibson n'a pu préciser combien.

Le coroner, le Dr Dirk Guyer, a affirmé qu'il était trop tôt pour confirmer l'identité ds victimes.

Les 13 blessés identifiés par les autorités : Amantha Samson, Mavis Justino, Catherine Riddell, Aleksandra Kozhevinikova, Morgan McDougall, Samantha Phart, Amir Kiumarsi, Yunsheng Tian, Jun Seok Park, Amaresh Tesfarmariam, So Ra, Beverly Smith et Robert Anderson.

Parmi les blessés, cinq des huit personnes qui sont soignées à l'Hôpital Sunnybrook étaient dans un état critique, mardi matin.

Qui est le suspect?

Alek Minassian a 25 ans et habite à Richmond Hill, au nord de Toronto.

Les Forces armées canadiennes (FAC) confirment qu'il a fait partie de leurs rangs pendant deux mois à la fin de 2017 (du 23 août au 25 octobre). « Il n'a pas terminé sa formation de recrue et a demandé à être libéré volontairement des FAC après 16 jours de formation au camp des recrues », indique une porte-parole.

Il n'aurait pas de lien avec le terrorisme international, selon Ottawa, et n'était pas connu des policiers.

Le suspect a agi « délibérément », selon le chef de police de Toronto, Mark Saunders. Toutefois, aucun motif n'a encore été évoqué par les enquêteurs.

Dans une vidéo de son arrestation qui a circulé sur les réseaux sociaux, on peut entendre le suspect crier ceci : « Tire sur moi! » Un policier lui demande plusieurs fois de se coucher au sol. « J'ai un fusil dans ma poche! » ajoute-t-il. En fait, Minassian n'était pas armé, selon la police.

Les policiers demandent à tout témoin de l'attaque de communiquer avec eux.

Deux lignes téléphoniques spéciales ont été établies, une pour les victimes et leurs familles et une autre pour les témoins.

Des Torontois atterrés

Constantin Goulich, qui habite dans le quartier depuis 15 ans et est l'un des instigateurs du mur des condoléances (voir la photo ci-dessus), qualifie la tragédie « d'inimaginable ».

Le carnage s'est étendu le long d'un tronçon de plus de 2 km de la rue Yonge.

La rue Yonge est « la rue la plus achalandée du pays », selon le chef de la Police de Toronto, Mark Saunders.

Fermetures

Encore mardi, le métro ne dessert pas la station North York Centre, près d'où s'est produite la tragédie.

Un tronçon de la rue Yonge demeure aussi fermé au nord de l'avenue Sheppard, alors que l'enquête policière se poursuit.

L'agence provinciale Metrolinx a également fermé ses bureaux dans le secteur.

Par ailleurs, la réunion du conseil municipal, mardi martin, a été ajournée à mercredi, après une minute de silence et des messages de condoléances des conseillers et du maire John Tory.

« Nous nous sentons comme une ville triste, mais une ville qui peut aller de l’avant », a dit M. Tory.

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