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Attendre six ans avant d'être payé, une réalité dans le milieu de la construction

Travaillez maintenant... et soyez payés beaucoup plus tard. C'est bien la réalité de nombreux sous-traitants, qui attendent toujours d'être rémunérés pour leurs travaux sur de grands chantiers, comme le centre sportif de Gatineau, construit il y a plus de six ans.

Richard Leblanc, avocat spécialisé dans le domaine de la construction, soutient que trois sous-traitants ont obtenu leur argent seulement la semaine dernière. Deux autres doivent toujours patienter.

Une situation généralisée dans l'industrie, selon l'avocat.

« On retient des montants phénoménaux pour des raisons idiotes », souligne-t-il. « C'est la norme maintenant. »

La bataille juridique entre la Ville de Gatineau et la firme Decarel, qui a finalement pris fin cet été, peut expliquer en partie ces retards. Mais d'autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte, selon Manon Bertrand, présidente de l'Association de la construction du Québec.

« C'est sûr qu'avec la commission Charbonneau, qu'est-ce qui est arrivé, il y a eu un manque de confiance », affirme-t-elle. « Donc, il y a de plus en plus de formalités à remplir, de documents. »

Les conséquences sont importantes. Des entrepreneurs en viennent à hésiter à soumissionner auprès de certaines compagnies. C'est le cas de Francis Roy, qui a travaillé sur des projets dans la région de Gatineau.

Le gouvernement québécois s'est engagé plus tôt ce printemps à adopter des normes sur les délais de paiement, comme le recommandait entre autres la commission Charbonneau. Reste à voir quels seront les répercussions sur les grands chantiers à venir à Gatineau.

Selon les informations de Mireille Langlois

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