Retour

Autoroute 50 : « C'est un cri du coeur du papa qui a perdu sa fille »

Bouleversé par la perte de sa fille, lors d'un accident en novembre dernier sur l'autoroute 50, un père de Gatineau lance un appel à l'action. « Je suis en train de réfléchir pour contacter tous les gens qui ont eu le malheur de perdre un de leur être cher sur l'autoroute, de faire une association ou de même, à la limite, un recours collectif contre le gouvernement », lance Mourad Belahbib.

Dans sa première entrevue accordée à la suite du décès de sa fille de 24 ans, Amina-Sara Belahbib, dans la nuit du 12 au 13 novembre 2016, il se rappelle avec émotions du moment où deux officiers lui ont annoncé la triste nouvelle à l’hôpital.

« J'étais figé. Je ne savais pas quoi dire, quoi faire. Je ne le croyais pas », rapporte-t-il. « Je n'imaginais jamais que je vivrais un moment pareil, dans la mesure où on voyait ça que dans les films. »

L’impact a été « terrible ». Amina-Sara, qui était assise à l’arrière, a été éjectée, lorsqu’un conducteur venant en sens inverse a percuté le véhicule de plein fouet. Le frère et la mère d’Amina-Sara étaient eux aussi dans la voiture; ils ont été blessés, mais s’en sont sortis.

L’autre conducteur, âgé de 25 ans, a été arrêté sur place, puis relâché sans accusation.

Quand un parent enterre son enfant, c'est ce qui fait vraiment mal.

Mourad Belahbib

« C'est une fille adorable que tout parent aimerait avoir, qui venait juste de finir ses études à l'Université d'Ottawa - un bacc en développement international. Elle venait de se marier au mois de juillet. Elle venait juste de s'installer pas loin [de la maison familiale]. Ils commençaient donc à faire leur vie et là, malheureusement c'est arrivé », relate M. Belahbib.

M. Mourad veut éviter qu’un tel drame se répète.

« Je vois que ça n'en finit plus. Ça ne bouge pas », constate-t-il. « C'est un cri du coeur du papa qui a perdu sa fille, pour que d'autres papas ne vivent pas la même situation que moi. »

« Est-ce que la vie d'un être humain a un prix? »

Mourad Belahbib est persuadé que s’il y avait eu le long de l’autoroute 50 des voies séparées ou un muret de béton, Amina-Sara serait encore en vie.

« Quand il y a un terre-plein, les véhicules vont frapper la glissière de sécurité et ils restent dans leur voie », souligne-t-il. « Il risque peut-être de faire un accident avec un véhicule qui le suit, mais c'est moins pire que de [frapper] de plein fouet. »

Je ne comprends pas comment l'autoroute 50, on l'appelle autoroute. [...] Pour moi, ce n'est pas une autoroute.

Mourad Belahbib

Il compte donc militer pour l’élargissement de l’autoroute à quatre voies. À la suite de sorties semblables et de la mobilisation de politiciens locaux, le gouvernement du Québec a d’ailleurs fait des annonces dans les dernières semaines, afin d’améliorer la sécurité sur l’autoroute 50.

« Si nos gouvernements ne sont pas là pour la sécurité de ses concitoyens, je ne vois pas c'est quoi son rôle premier », lance M. Belahbib.

Une « injustice »

Émanuel Thérien, le petit ami d'Élisabeth Brosda, morte dans un accident en septembre 2016 près de Grenville, abonde dans le même sens. La drame a lui aussi été causé lorsqu’un véhicule venant en sens inverse a dévié de sa voie pour venir percuter de plein fouet le véhicule dans lequel le couple se trouvait.

« S'il y avait un terre-plein entre les voies de chaque côté, ça ne serait jamais arrivé cet accident-là », soutient-il. « Je ne peux pas dire pour l'autre conductrice, mais on n'aurait pas été inclus dans cet accident, c'est sûr. »

Ce qui me surprend là-dedans, ce qui me fait quasiment le plus mal, c'est l'injustice qu'elle n'a pas pu vivre.

Émanuel Thérien

Il ne comprend pas que le gouvernement n’ait pas déjà agi pour éviter d’autres accidents mortels. « Si plusieurs personnes font part de ce qu'elles pensent, il devrait y avoir quelque chose qui change ou au moins un ajustement », estime-t-il.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Un gros chien fait des vagues en apprenant à nager





Rabais de la semaine