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Avenir incertain pour les petites fromageries de l'Outaouais avec l'entrée en vigueur de l'AECG

L'entrée en vigueur de l'accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne, jeudi, ouvre la porte à d'énormes quantités de fromages européens. Un spécialiste des fromageries artisanales au Québec souligne que les petits fromagers doivent dès à présent agir pour survivre aux nouvelles règles commerciales.

André Fouillet, un ancien conseiller auprès des fromageries de l'Outaouais, était l'invité de Philippe Marcoux à l'émission Les matins d'ici.

M. Fouillet affirme que les petites fromageries doivent se regrouper si elles veulent avoir une chance de survivre à l'arrivée massive de produits européens moins chers.

« Les Européens, leurs coûts de production sont moins chers et leur lait est moins cher, donc même s'ils [les fromages] vont traverser l'Atlantique, ils vont arriver ici moins chers », explique-t-il.

« Ça fait 40 ans que je suis fromager au Québec, et j'ai aidé 35-40 petites fromageries à démarrer depuis 1993, je connais très bien le portrait », explique André Fouillet. « Les choses vont changer, il faut qu'ils [les petits fromagers] se regroupent pour faire des achats de fourniture regroupés, pour la salubrité et l'analyse des produits. »

M. Fouillet soutient également que l'industrie laitière devra contribuer à la sauvegarde des petites fromageries en produisant un lait adapté à leur besoin.

Une question d'argent

M. Fouillet reconnait que les consommateurs vont continuer à encourager les produits canadiens.

Mais il soutient que ça ne durera pas, que les détaillants vont éventuellement laisser tomber ces produits s'ils coûtent plus cher et que ce sont les produits importés qui vont avoir la cote.

Si le distributeur reçoit un produit européen à 6$ le kilo et que le même produit canadien est à 6,50 ou 7$ le kilo, le distributeur va préconiser le produit européen, car il fait une marge de profit supérieure.

Des mesures d'aide inadéquates

M. Fouillet affirme également que le gouvernement a raté la cible en offrant une aide de 350 millions de dollars aux producteurs laitiers et à l'industrie de la transformation.

« Ça ne va rien faire du tout », soutient-il. « L'erreur que le gouvernement a faite c'est de donner une partie des quotas d'importation aux distributeurs et aux grandes surfaces, c'est d'avoir donné les 7000 tonnes d'importations en surplus à ces gens-là au lieu de les donner aux importateurs normaux et aux petits producteurs fromagers. »

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