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Avis de recherche : candidats à la mairie dans les petites municipalités

Les mises en candidature tardent à arriver dans certaines petites municipalités de l’Outaouais. Six d’entre elles sont toujours à la recherche de candidats à la mairie et des dizaines d’autres cherchent à pourvoir des sièges de conseillers.

Un texte de Jérôme Bergeron

C’est une course contre la montre, afin de trouver assez de postulants avant la date limite pour le dépôt des candidatures, vendredi prochain, à 16 h 30.

Si la tendance se maintient, trois municipalités de la MRC de Papineau et trois de la MRC de Pontiac pourraient se retrouver sans maire lors des prochaines élections du 5 novembre.

Au total, plus d’une centaine de sièges de conseillers sont vacants pour le moment, en Outaouais.

Selon la Loi électorale, les citoyens devront quand même être appelés aux urnes tôt ou tard, malgré l’absence d’intérêt pour pourvoir des postes.

Le politologue et chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), Jérôme Couture, rappelle que tous les postes doivent en effet être occupés.

« Va falloir refaire les élections, recommencer le processus. Il faut que les postes soient pourvus ou la Municipalité peut être placée sous tutelle », explique-t-il.

Ainsi, dans les nombreuses municipalités où il y a des candidats à la mairie, mais pas assez de candidatures pour tous les sièges de conseillers, les citoyens pourraient être appelés à voter deux fois dans les prochaines semaines.

Des élections sans opposition

Selon le portrait actuel, 35 maires pourraient être élus vendredi prochain sans avoir à croiser le fer, soit dans la moitié des municipalités de l’Outaouais.

À Otter Lake, Shawville et Lac-Sainte-Marie, il pourrait ne pas y avoir de vote, aucun des candidats n'ayant d'opposants, tant à la mairie qu'aux postes de conseillers.

Mais selon Jérôme Couture, ce n’est pas un problème démocratique.

« C’est souvent signe dans les petites municipalités que les gens sont satisfaits des élus en place », estime le chercheur à l’INRS. « Ce qu'on remarque, quand les gens sont insatisfaits, c’est qu’il va y avoir des candidats contre les élus sortants et il va y avoir une participation électorale plus élevée. »

Sur le terrain : en route vers la MRC de Papineau

Lochaber-Partie-Ouest est l’une de ces municipalités sans candidats, ni à la mairie ni aux six postes de conseillers.

Dans les rues de cette petite communauté d'à peine 600 âmes, aucune trace de la campagne électorale.

Difficile d’intéresser les citoyens à l’arène politique, selon le directeur général de Lochaber-Partie-Ouest, Alain Hotte.

La question salariale, parlez-en au maire sortant de la Municipalité voisine de Saint-Sixte.

Si André Belisle porte la chemise lors d'un soir de conseil, il la troque pour le dossard de sécurité le jour, en tant qu’opérateur de machinerie lourde.

« On a quelque 800 $ par mois d’alloués pour un maire », précise-t-il. « Je suis à la retraite. Mais par contre, j’ai un retour à l’ouvrage que j’aime de temps en temps, ce qui me permet de survivre. »

À Saint-Sixte, comme à Lochaber, Clarendon et Egan-Sud, il n'y pas eu d'élection à la mairie depuis 2005. Lors de chaque campagne électorale, le maire y a été élu sans opposition.

Le salaire des élus pourrait y être pour quelque chose, selon le chercheur Jérôme Couture.

« Mes études démontrent que dans les petites municipalités qui paient mieux leurs élus, il y a moins d’élections sans opposition », constate-t-il. Il y a noté également un taux de participation plus élevé le jour du vote.

Reste à voir la liste finale des candidatures le 6 octobre.

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