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Bambin mort frappé par un arbre : la procédure de transfert fait l'objet de questions

Radio-Canada révélait, hier, les conclusions d'un rapport relativement à la mort du petit Malik Lafontaine, décédé plusieurs semaines après qu'un arbre lui est tombé sur la tête, à L'Ange-Gardien, en juin dernier. Le coroner Pierre Bourassa s'interroge maintenant sur l'efficacité de la procédure de transfert entre les hôpitaux québécois et ontariens.

Au vu de son état, le garçonnet de 4 ans avait besoin de soins spécialisés dans un centre de traumatologie pédiatrique, ce qui n'est pas le cas de l'hôpital de Papineau où il avait été transporté juste après l'incident.

L'urgence de cet établissement a rapidement communiqué avec celle du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO). Or, dans son rapport, M. Bourassa constate qu'il a fallu plus de 45 minutes avant que le transfert ne soit accepté.

« Je trouvais ça un petit peu bizarre, inhabituel, que ça prenne un [coup de] téléphone, puis un autre, puis un autre pour finalement être accepté. C'était relativement clair que cet enfant-là devait être transféré à l'extérieur puisque l'Hôpital de Buckingham n'a aucune expertise pour traiter des enfants atteints de ces pathologies », explique le coroner.

Bien qu'il précise qu'un transfert plus rapide n'aurait pas empêché le décès de l'enfant, il croit, à la lumière des délais enregistrés, qu'il y a matière à amélioration.

Une procédure avec des étapes obligatoires

Lorsque les ambulanciers paramédicaux de l'Outaouais ont recueilli le petit garçon, ils n'avaient pas le droit de l'emmener directement au CHEO en vertu des ententes interprovinciales en milieu urbain.

Quand un malade du côté québécois se trouve dans un état critique, les secours doivent d'abord le transporter à l'hôpital le plus proche et s'assurer que sa situation est stable, c'est-à-dire qu'il respire, qu'il n'a pas perdu trop de sang et que son cœur tient le coup.

Une fois que la personne arrive dans un hôpital de l'Outaouais, il peut être transféré, mais il y a protocole à suivre. Une demande doit être effectuée et il faut obtenir une autorisation avant d'aller de l'avant.

« Il faut avertir les hôpitaux recevants pour qu'ils soient prêts à recevoir cette personne-là, [qu'ils aient] une idée de ce que les soins vont être. Est-ce qu'ils vont avoir besoin d'imagerie, de blocs opératoires? À l'urgence, on va faire quoi avec cette personne? », détaille Pierre Bourassa.

Il rappelle d'ailleurs que l'hôpital « recevant » pourrait théoriquement refuser de prendre le malade, si par exemple il n'y a pas suffisamment de place pour le prendre en charge.

Au fil des ans, le M. Bourassa dit remarquer cependant une réticence de plus en plus forte de la part des hôpitaux d'Ottawa lorsqu'ils sont sollicités ceux de l'Outaouais.

Il croit que le financement serré des services de santé et les compressions imposées dans ce milieu expliquent ce phénomène.

Les ambulanciers paramédicaux satisfaits du protocole

Selon le directeur des opérations de la Coopérative des paramédics de l'Outaouais, Marc Paquette, le protocole de transfert n'a pas être remis en cause.

« Je peux vous dire qu'actuellement, le protocole fonctionne et on en a fait la preuve à plusieurs reprises », assure-t-il.

Pour illustrer son point, il affirme que la plupart du temps, les délais d'attente entre la demande de transfert et l'autorisation n'excèdent pas 10 minutes. À l'entendre, l'histoire du petit Malik est donc une situation exceptionnelle.

D'après un reportage de Pascale-Marie Dufour

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