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BILLET - Le RÉMI, à la recherche de sa cohérence

BILLET - Comme dans plusieurs villes au Québec, l'arrivée d'un parti politique à Gatineau bouleverse la dynamique des élus indépendants. Le Regroupement des élus municipaux indépendants pour la démocratie (RÉMI) veut mener le combat contre ce qu'il considère des iniquités vis-à-vis des partis, notamment en matière de financement... Mais sera-t-il cohérent?

Depuis l'arrivée de quatre nouveaux élus indépendants gatinois au sein du RÉMI, plusieurs se posent la question : « Pourquoi à ce moment-ci? »

Pourquoi Josée Lacasse, Denis Tassé, Marc Carrière et Jean-François LeBlanc ont adopté la cause du RÉMI, quatre mois après son lancement par la candidate à la mairie de Gatineau, Sylvie Goneau, et le conseiller Mike Duggan, des alliés sur plusieurs dossiers au conseil gatinois?

Légitime. Le défi maintenant, c'est d'avoir un discours cohérent.

Depuis la fondation du RÉMI, Sylvie Goneau et Mike Duggan répètent qu'ils sont là pour amener le gouvernement provincial à revoir le financement des élus indépendants pour une plus grande équité avec les partis politiques.

J'ai discuté avec Sylvie Goneau qui m'a confié reconnaître la légitimité des partis politiques et leur droit d'exister. Mais ce n'est pas l'avis de tous les membres du RÉMI.

Dans une entrevue au quotidien LeDroit, Marc Carrière confiait que « la présence d'un parti politique à Gatineau vient trafiquer la démocratie ».

Un parti politique a toute la légitimité d'exister sur la scène municipale, au même titre que l'élu indépendant. Puisqu'un parti est souvent issu d'un mouvement citoyen, c'est la démocratie même qui s'exerce.

Y a-t-il des ajustements à apporter dans le fonctionnement d'un Ville où on retrouve des partis politiques, afin de permettre à tous les élus d'avoir les même outils pour représenter leurs citoyens? Assurément.

Mais de là à dire qu'il ne devraient pas exister? Quand je vous parlais de cohérence dans le message...

Ce n'est plus une question de popularité 

Je discutais de cet enjeu avec le professeur en sciences politiques de l'UQO, Guy Chiasson, et de cette perception qu'ont les élus indépendants des partis.

Historiquement, les élus municipaux étaient des notables, des gens d'une certaine hiérarchie sociale ayant une influence sur d'autres membres de la société. Des gens souvent connus et populaires.

Au fil des ans, ce sont souvent ces citoyens « populaires » qui ont gouverné les villes. Pas nécessairement à cause de leurs idées, mais bien parce qu'on leur conférait un statut important. C'était un peu un concours de popularité.

Cependant, le temps est révolu où il suffisait d'écrire dans un programme électoral qu'en tant que candidats, ils voulaient améliorer la qualité de vie de leurs concitoyens et la sécurité dans les quartiers.

Tant les indépendants que les partis politiques peuvent avoir d'excellentes idées. Mais il faut les mettre de l'avant et en débattre.

Aussi, la popularité n'est pas nécessairement un gage de rhétorique et d'argumentaire. Regardez ce qui se passe aux États-Unis chez les républicains : Donald Trump est peut-être populaire, mais ses idées sont-elles réellement articulées pour augmenter le niveau du débat et améliorer la qualité de vie des citoyens?

Si le RÉMI sort du mandat qu'il s'est donné lors de sa création, ils seront nombreux à dire qu'ils avaient raison de penser qu'il s'agissait d'un parti politique déguisé.

Maintenant, il serait bien de laisser le RÉMI continuer sa mission auprès du gouvernement du Québec, en attendant de voir la suite du débat.

La rue Jacques-Cartier et sa piste cyclable 

J'ai été un peu surpris de faire un reportage sur les problèmes d'érosion de la piste cyclable aux abords de la rue Jacques-Cartier, alors que le projet n'est pas encore inauguré.

Le projet de 42 millions de dollars est attendu depuis des décennies par les citoyens du secteur. Voici ce que la Ville de Gatineau m'a envoyé, à la suite d'une demande :

« L'aménagement de la piste multifonctionnelle en bordure de l'eau doit respecter les exigences environnementales du gouvernement du Québec. Plusieurs contraintes environnementales sont associées à ce projet. Notamment, il serait impossible de surélever la piste, puisque l'empiètement sur une rivière est interdit. Des discussions sont en cours avec le MDDELCC à cet effet. »

Quelques questions me viennent en tête:

  1. Si on connaît les contraintes et que les crues printanières surviennent régulièrement dans ce secteur, pourquoi construire la piste de cette façon, aussi facilement exposée à l'érosion?
  2. Avec toutes les études au BAPE, les ministères qui ont participé tant au provincial qu'au fédéral, comment se fait-il qu'on permette la construction de cette piste, qui sera à refaire avant même qu'elle soit complétée?
  3. S'il est impossible de surélever la piste, on fait quoi? On reconstruit chaque année?

Tous les citoyens de la rue Jacques-Cartier à qui j'ai parlé sont enchantés par le nouvel aménagement. C'est vrai : c'est beau. Ça fait du bien cet amour pour un secteur longtemps négligé.

Je m'explique mal que Gatineau ait tant de difficulté à ficeler un grand projet sans anicroche.

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