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Boycottage de la consultation de l'UQO sur les violences sexuelles

L'Association générale étudiante de l'Université du Québec en Outaouais (AGE-UQO), le Comité de femmes de l'UQO et trois syndicats de l'institution d'enseignement ont choisi de boycotter la consultation menée par la direction de l'établissement scolaire concernant la politique de lutte contre les violences sexuelles.

Ces organisations quittent la table et dénoncent le fait que l’UQO ne veuille pas rendre publics les résultats des consultations à la fin de celles-ci. Ils souhaitaient aussi que soient connus l’énoncé méthodologique et les règles éthiques entourant la consultation.

« Toutes ces demandes ont été refusées par le rectorat », affirme Stéphanie Demers, présidente du Syndicat des professeures et professeurs (SPUQO).

La loi 151 oblige l’UQO, comme toutes les universités québécoises, à établir une politique visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les maisons d’enseignement supérieur, notamment par un processus de consultation des associations étudiantes et des syndicats.

Or, l’UQO n’a « jamais pris au sérieux la lutte contre les violences sexuelles », selon ce qu'a écrit la présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours (SCCC-UQO), Marie-Josée Bourget, dans un communiqué.

« On veut juste que [l'UQO nous dise] comment la récolte de données va être faite, comment les résultats vont être connus, puis on veut des données quantitatives et non qualitatives », dit-elle, en sommant l'UQO d'être plus transparente.

Même son de cloche du côté du SPUQO présidé par Mme Demers.

« Nous n'avons pas reçu cet énoncé méthodologique là, qui nous aurait permis de voir comment le questionnaire a été élaboré, selon quel principe, et aussi qui nous permettrait de savoir comment le processus allait se dérouler », a pour sa part déclaré Mme Demers.

La conseillère générale de l’AGE-UQO, Bianca Schiffo Fuoco, reproche à l’administration de l’UQO de sous-traiter la consultation à des étudiants qui ne sont pas des experts et qui ne sont pas outillés ni rémunérés.

« Nous avons à coeur la lutte contre les violences sexuelles. Nous voulons participer à l’élaboration de la politique de lutte contre ces violences. La haute direction de l’UQO ne s’y prend pas de la bonne manière pour y arriver », a soutenu Stéphanie Demers, présidente du SPUQO.

La balle est dans le camp de l'administration

Selon Mme Demers, les cinq organisations sont prêtes à s'impliquer à nouveau dans les consultations.

« Quand nous avons quitté le comité consultatif, nous avons dit que nous sommes prêts à revenir n'importe quand, si nous pouvons avoir des assurances que nous pouvons véritablement agir comme représentants des corps d'emploi, de pouvoir faire rapport à nos membres », dit-elle.

Mme Demers a bon espoir que tous les intervenants vont s'assoir ensemble dans un avenir rapproché.

La direction de l’UQO déplore la sortie des syndicats

« Cette levée de boucliers soudaine nous apparaît difficilement compréhensible et nous permet de nous interroger encore une fois l’objectif de ce boycott qui nous apparaît très éloigné du souci de prévenir et combattre les violences à caractère sexuel », a déclaré l'Université du Québec en Outaouais dans un communiqué de presse.

La direction de l’UQO se défend en précisant que c'est à la suite d'une suggestion d’un professeur qu'elle a fait appel à des étudiants à la maîtrise en gestion de projets pour les épauler dans le processus de consultation et ceux-ci n’agissent pas comme experts en matière de violences sexuelles.

« L’UQO s’est dotée d’un comité consultatif sur les violences sexuelles où l’on retrouve tous les groupes d’employés, des étudiants. Les syndicats ont choisi, là aussi, de claquer la porte », peut-on lire dans le communiqué.

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