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Budget 2016 à Ottawa : payer plus pour un peu moins

Le budget de la Ville d'Ottawa est fidèle à l'image du maire Watson : il s'inscrit dans la continuité des cinq dernières années. Un budget sans surprises, sans éclats, sans drames. Curieux cependant que même en augmentant l'impôt foncier et les tarifs, la Ville doive réduire ses dépenses, puiser dans ses réserves et vendre des actifs.

À part la hausse d'impôt foncier de 2 % et celle des services d'eau potable de 6 %, ce sont les hausses de 2,5 % des impôts liés au transport en commun et de 2,5 % des tarifs qui suscitent le plus de réactions.

C'est la sixième année consécutive qu'OC Transpo augmente ses tarifs de 2,5 % - et ce sera le cas pour les prochaines années. C'est ce plan de financement adopté par la Ville, qui aide à couvrir les opérations du service et qui permet de payer une partie des coûts de construction du train léger.

Alors, pourquoi s'en inquiéter plus maintenant? Parce que le nombre d'usagers d'OC Transpo ne fait que baisser dans les cinq dernières années. Il est passé de 99,3 millions d'usagers en 2010, à un record de 103,5 millions en 2011.

Depuis, c'est la chute constante, pour arriver à 97,1 millions en 2014.

Une baisse liée aux milliers de pertes d'emplois dans la fonction publique fédérale, dit le transporteur.

Les répercussions des travaux du train léger

Si la Ville semble avoir réussi à limiter les répercussions des travaux du train léger sur la durée des trajets, il faut dire qu'elle a mis le paquet en mesure d'atténuations. Et cela a aussi un prix : 74 millions de dollars.

Le président du Comité du transport en commun, Stephen Blais, assure qu'OC Transpo n'a pas perdu un seul usager à cause des travaux et que leur nombre est stable depuis l'an dernier.

Ces tarifs financent en effet un peu plus de 50 % des coûts du service. La Ville vise plutôt 55 %.

Le financement provincial provenant de la taxe sur l'essence, qui aide au financement du train léger, est lui aussi basé sur l'achalandage du réseau. Sans compter qu'OC Transpo n'ajoutera pas de nouveaux services l'an prochain.

Le transporteur prévoit même couper les premiers et derniers autobus de la journée - presque vides, dit-on - sur plusieurs lignes pour réaliser des économies.

Reste à voir quand même jusqu'à quel point ces mesures limiteront la perte d'usagers au cours des prochaines années, lorsque les travaux du train léger se mettront en branle dans l'ouest de la Ville.

Oeuvre d'équilibriste

La conseillère de Somerset, Catherine McKenney, estime quand même qu'il y ait risque réel que plusieurs usagers arrivent au point où ils choisiront de prendre leur voiture, car la différence de coût n'en vaudra plus la peine.

Ajouter à cela un prix de l'essence toujours bas et l'équation devient plus alléchante encore...

Évidemment, c'est un équilibre fragile. Mais la Ville ne peut pas se permettre de continuer de perdre des usagers, car elle compte sur des projections à la hausse pour financer le train léger.

Ces tarifs financent en effet un peu plus de 50 % des coûts du service. La Ville vise plutôt 55 %.

Le financement provincial provenant de la taxe sur l'essence, qui aide au financement du train léger, est lui aussi basé sur l'achalandage du réseau. Sans compter qu'OC Transpo n'ajoutera pas de nouveaux services l'an prochain.

Le transporteur prévoit même couper les premiers et derniers autobus de la journée - presque vides, dit-on - sur plusieurs lignes pour réaliser des économies.

Si plusieurs usagers paient plus pour moins de services, ils risquent en effet d'opter pour un autre moyen de transport.

Et les autres services?

Le maire d'Ottawa a quant à lui juré, jeudi, que les compressions annoncées dans le budget n'affecteraient pas les services. Mais cela reste à voir.

Plusieurs conseillers ont critiqué le manque de détail dans le budget préliminaire de 2016 sur les « gains d'efficacité » exigés.

La Ville avait un manque à gagner de 51 millions en 2015. Celui-ci sera de 37 millions en 2016.

Pour combler ce trou (qui représente un peu plus de 1 % du budget de trois milliards de dollars), la direction municipale propose trois mesures :

  1. Puiser 11,5 millions dans un fonds de réserve de 23 millions pour le remplacement de la flotte de véhicules municipaux.
  2. Ajuster les recettes en vendant des terrains excédentaires, entre autres avec de nouveaux frais d'utilisation, pour un total de 8,1 millions.
  3. Faire des « gains d'efficacité opérationnelle » de 17,4 millions, notamment dans les opérations hivernales, la conversion à l'éclairage DEL dans les rues et les compressions équivalant à une cinquantaine de postes à temps plein.

Certains conseillers se demandent jusqu'à quel point, dans le détail, ces compressions vont affecter des services ou loisirs municipaux. Et pendant combien de temps la Ville pourra puiser dans ses réserves ou vendre des actifs pour à peine maintenir les services actuels.

Clairement, autant du côté de la direction générale que du maire, on a senti que la Ville entrait dans une zone plus austère. L'ère du payer un peu plus, pour obtenir un peu moins...

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