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Budget déficitaire : le CISSS de l'Outaouais maintient le cap

Les six premiers mois d'existence du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais n'auront pas été de tout repos. L'occasion était bonne, jeudi soir, lors de la première réunion du conseil d'administration de l'organisme, pour faire le bilan de ces premiers mois d'activité.

Un texte de Mathieu Gohier

Sans surprise, la question du déficit budgétaire et les négociations contractuelles corsées entre les syndiqués et le gouvernement québécois ont surtout retenu l'attention.

Avec un manque à gagner qui atteint déjà 3,9 millions de dollars, le CISSS de l'Outaouais risque de terminer sa première année avec un déficit de 8 millions de dollars. Le PDG du CISSS de l'Outaouais, Jean Hébert, estime tout de même que le plus gros de l'effort pour atteindre l'équilibre a été fait.

Sauf que certaines mesures de compression tardent à faire effet, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l'exercice financier de l'an prochain.

« Quand on implante une mesure, le temps qu'elle fasse son effe,t ça prend un certain temps; on travaille là-dessus. Dans le prochain exercice budgétaire qu'on va faire, on va estimer qu'on va partir avec un déficit de  8millions et puis après ça, on regardera comment on va réenligner dans l'année prochaine pour l'atteinte de l'équilibre », indique M. Hébert.

Demandes syndicales

Impossible de parler santé sans mentionner que les syndiqués sont en négociation avec le gouvernement québécois dans le but de renouveler leurs contrats de travail.

Des membres de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) sont d'ailleurs venus présenter une lettre au conseil d'administration du CISSS de l'Outaouais, lui demandant d'envoyer un message au gouvernement.

« On n'a pas l'impression qu'on est allés très loin dans le contenu et dans la qualité des échanges, et puis finalement la position de la partie patronale reste inchangée », déplore Benoit Audet de l'APTS.

Les syndiqués continuent de rejeter l'offre patronale d'augmentation de salaire de 3 % sur 5 ans, et déplorent ce qu'ils décrivent comme un « déclin de leurs conditions de travail ».

Reste que le CISSS de l'Outouais n'a pas d'emprise sur ces négociations, rappelle son PDG.

« Ce sont des négociations au niveau national, au niveau du gouvernement du Québec. Nous, on aura de l'emprise une fois qu'il y aura une entente. [...] Ce que je sais, c'est qu'il y a une volonté ferme du gouvernement d'en arriver à une entente négociée », rappelle Jean Hébert.

Toujours de l'inquiétude dans la Petite-Nation

Des membres du Comité santé Petite-Nation, récemment formé, ont également profité de cette première rencontre du CA du CISSS de l'Outaouais pour se faire entendre.

Marie-Lucie Demers craint encore pour l'avenir du laboratoire d'analyse du CLSC de Saint-André-Avellin.

« Avoir une urgence ça prend un laboratoire. La crainte qu'on avait c'est si le laboratoire était déplacé », rappelle-t-elle.

Pas moins de 7189 signatures ont d'ailleurs été amassées pour maintenir ce service dans la Petite-Nation.

Des inquiétudes que trouve injustifiées Jean Hébert. « On n'a jamais remis en question la pertinence du service ambulatoire », dit-il.

Le PDG du CISSS de l'Outaouais ajoute qu'il existe toujours une volonté d'augmenter les heures d'ouverture de l'urgence du CLSC Petite-Nation.

« C'est un projet sur lequel on travaille depuis plusieurs mois. On a une volonté d'augmenter les heures », explique-t-il. « En même temps, vous allez comprendre que si on augmente les heures, ça nous prend plus de médecins. Donc, il faut aussi développer un GMF [groupe de médecine familiale] pour pouvoir avoir l'équipe médicale. C'est dans notre vision; je ne sais pas pourquoi les gens se mobilisent. »

Jean Hébert ne connaît toutefois pas l'échéancier pour que voie le jour ce GMF, disant attendre la décision du ministère de la Santé.

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