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Bureau de la traduction : « un statu quo injustifiable »

EXCLUSIF - L'outil de traduction automatique du gouvernement fédéral a fait couler beaucoup d'encre, semé la controverse, et ses textes truffés d'erreurs ont mis en lumière les problèmes auxquels les traducteurs sont confrontés au sein du Bureau de la traduction. Sept mois après qu'un comité parlementaire ait recommandé des changements majeurs pour assurer la survie de l'organisme fédéral, l'Association des conseils en gestion linguistique (ACGL) implore le gouvernement Trudeau de ne pas laisser sombrer cette étude dans l'oubli.

Un texte de Catherine Lanthier

Cette association, composée de cadres de cabinets de traduction, de directeurs de services linguistiques, et de représentants institutionnels, reproche au gouvernement Trudeau de tenir la traduction et l'interprétation dans son angle mort.

En observant un « mutisme complet », celui-ci met « en péril les fondements mêmes de l'industrie canadienne de la traduction et de l'interprétation », soutient l'Association.

La présidente du Comité de valorisation des services langagiers canadiens, Dominique Bohbot, estime qu'il y a « urgence d'agir », puisque la traduction est « un vecteur de croissance économique » au Canada.

L'inaction du gouvernement après le dépôt de l'étude du Comité permanent des langues officielles inquiète au plus haut point le groupe de gestionnaires, qui déposera un mémoire au Sénat mercredi prochain dans l'espoir que le dossier revienne à l'avant-plan, explique Mme Bohbot.

L'étude sur le Bureau de la traduction, publiée en juin dernier, formulait huit recommandations suggérant notamment que le Bureau de la traduction relève d'un autre ministère et soit mieux financé, afin qu'il soit en mesure de continuer à offrir des services de traduction de qualité supérieure.

L'outil de « compréhension linguistique » sera bientôt évalué

L'outil de traduction automatique, rebaptisé outil de compréhension linguistique après la controverse, est toujours utilisé par les fonctionnaires fédéraux.

Selon le ministère des Services publics et de l'Approvisionnement, l'outil a été utilisé près de 470 000 fois depuis son entrée en fonction.

Seule la moitié des fonctionnaires qui ont évalué la performance de l'outil ont indiqué que celui-ci a répondu à leurs besoins.

L'outil, rendu célèbre pour ses traductions farfelues, fera l'objet d'une évaluation « par une tierce partie au cours des prochains mois pour en évaluer la pertinence et l'efficacité », indique le porte-parole du ministère, Nicolas Boucher.

Un rapport doit ensuite être produit en 2017.

M. Boucher indique néanmoins que le Bureau de la traduction « est déterminé à moderniser sa façon de fonctionner grâce à l'innovation et à l'adoption de technologies, en gardant à l'esprit que l'outil continuera d'évoluer et de faire l'objet d'améliorations. »

Les effectifs du Bureau de la traduction ont été réduits du tiers les cinq dernières années, passant de près de 2000 employés en 2010 à 1 324 en date du 30 septembre 2015.

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