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« C'est une guerrière », témoigne la soeur d'une femme de Gatineau amputée de ses 4 membres

Sabryna Mongeon, la Gatinoise de 18 ans amputée de ses quatre membres à la suite d'un accident de voiture, devrait sortir du coma cette semaine au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Sa grande soeur Samatha garde espoir que sa cadette puisse être à nouveau autonome dans les prochaines années.

Un texte d'Agnès Chapsal

« C'est une guerrière », lance Samantha Mongeon, 21 ans et mère d'un bébé de 4 mois, en parlant de sa soeur cadette. « C'est une grande battante, elle débordait d'énergie ».

Dans la nuit de Noël, Sabryna Mongeon a quitté le domicile de sa mère à Luskville pour aller rejoindre un ami à Gatineau. Sur la route, elle a constaté que les conditions météorologiques n'étaient pas bonnes et elle a choisi de prendre un chemin moins encombré.

La jeune femme a perdu le contrôle de son véhicule et a percuté un poteau d’Hydro-Québec. Inquiète que son véhicule puisse prendre feu, elle est sortie de sa voiture. Avec l'obscurité, elle n'a pas vu les fils électriques qui étaient tombés sur son véhicule et elle a reçu une très forte décharge électrique.

Elle a perdu conscience et quand elle s'est réveillée, elle a vu qu'il lui manquait un pied. La jeune femme a rampé jusqu'à son auto. Elle s'est relevée en s'appuyant sur son véhicule. Hydro-Québec avait alors coupé l'électricité voyant qu'il y avait eu un problème dans cette zone.

Après plus de quatre heures d’attente dans le froid, un bon samaritain est venu lui porter secours. « Il a pris ma petite sœur dans ses bras et l’a réchauffée », explique la sœur de la victime. « C’est son ange et elle est très très reconnaissante envers lui. »

Une fois à l'hôpital, elle a été placée en coma artificiel, notamment pour atténuer sa douleur. Elle a ensuite été brièvement sortie du coma pour qu'on l'informe des opérations qu'elle devait subir.

« Je lui ai parlé personnellement. Et je lui ai dit : "Écoute Sabou, si tu veux aller rejoindre notre grand-père, au ciel, tu peux y aller et on ne sera pas fâché contre toi, on va t'appuyer dans toutes les décisions que tu vas prendre". Et puis elle m'a répondu avec le même petit caractère qu'elle avait : "Je n'ai pas gelé dehors pendant quatre heures de temps pour m'en aller là-bas" », a raconté Samantha.

La jeune femme, très protectrice de sa petite soeur, avoue qu'elle ne pensait pas que Sabryna « aurait pu passer à travers ça ».

Un choc terrible

Pour Samantha comme pour Jacob, 11 ans, le frère cadet de Sabryna Mongeon, le choc a été terrible quand ils ont revu Sabryna à l'hôpital, une fois amputée.

« Je l'ai vue hier [samedi, NDLR], amputée, [...] j'ai trouvé ça dur pour être honnête », reconnaît la jeune femme. « Mais juste de voir la sérénité dans son visage, ça fait vraiment du bien ».

Mais Samantha croit que le plus difficile est à venir.

Pour sa part, Jacob Lachance dit avoir été le dernier à avoir été informé de l'état de sa soeur.

« Je ne pleurais pas au début, mais quand j'ai compris, j'ai eu de la misère à passer à travers », témoigne le garçon, très ému. « Au début, je ne voulais pas aller la voir à l'hôpital, mais quand j'ai vu qu'elle voulait vivre, je suis allé la voir ».

Campagne de sociofinancement

Malgré les difficultés, Samantha Mongeon garde espoir et se dit optimiste face au rétablissement de sa soeur, portée par la générosité de la population.

« En moins de 12 heures, on a dépassé les 10 000 $ », assure la jeune femme, encore étonnée des résultats de la compagne de financement participatif qu'elle a lancée avec l'aide de son conjoint.

« J'ai augmenté à 200 000 $, mais pour Sabryna, il va falloir plus que ça », dit la jeune femme qui veut faire tout son possible pour que sa soeur retrouve son autonomie, « se sente belle et réapprenne à aimer son corps ».

Pour l'heure, elle a récolté plus de 100 000 $. L'argent servira à aider la mère de Sabryna à emménager à Montréal pour être près de sa fille et à la réhabilitation de Sabryna.

« On n'est pas riche, on n'a jamais eu besoin d'avoir d'argent pour être heureux dans la vie, mais maintenant c'est sûr que le sociofinancement, c'est une demande de dons, c'est vraiment pour aider Sabryna », précise la jeune femme qui regrette d'avoir reçu des commentaires négatifs sur Facebook à ce sujet, mais se dit très heureuse de tous les messages de soutien qu'elle reçoit.

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