Retour

Caméras dans les autobus : toujours pas de programme permanent à Ottawa

Un projet pilote visant à améliorer la sécurité routière autour des autobus scolaires à l’aide de caméras de surveillance tarde à être implanté sur tout le territoire d’Ottawa.

Dans le cadre d’un projet pilote du Programme d’amélioration de la sécurité des routes à Ottawa, des caméras ont été installées dans certains autobus de mai 2014 à octobre 2015.

Les appareils servaient à prendre sur le fait les automobilistes qui dépassaient illégalement l'autobus lorsque ses lumières clignotaient et que les pancartes d’arrêt étaient déployées.

En 2015, des promoteurs du programme avaient confié à CBC qu’ils souhaitaient voir le projet pilote s’étendre sur tout le territoire d'Ottawa. Deux ans plus tard, ce n’est toujours pas le cas.

Le projet pilote avait pourtant connu un certain succès.

La police d’Ottawa avait déposé 75 accusations au cours des mois d’activité de celui-ci. Les images captées par les caméras avaient aussi produit des preuves dans 150 autres cas de violation, pour lesquels la police n’a toutefois pas pu porter d’accusations, selon Rob Wilkinson, coordonnateur du Programme d’amélioration de la sécurité des routes à Ottawa.

« Je suis un peu déçu de toute la bureaucratie pour une mesure qui aura autant d'effet », lance de son côté le sergent Mark Gatien, de la Section de la circulation de la police d’Ottawa.

Il reconnaît toutefois que ce genre de processus demande du temps. Il cite en exemple un nouveau formulaire gouvernemental, approuvé en 2016, qui doit être rempli pour porter des accusations à l’aide d’images captées par vidéo.

Des craintes pour la vie privée

Par ailleurs, le coordonnateur Wilkinson ajoute qu'en plus du nouveau formulaire, le choix du système de caméras à la suite du projet pilote a fait l’objet d’un long processus, qui a mené à des discussions sur l'enjeu de la vie privée.

Rob Wilkinson a dû embaucher des experts pour remettre un rapport au Commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario, afin d’expliquer comment les données personnelles - comme le numéro d’immatriculation - seraient protégées entre le moment de l’enregistrement de la vidéo et son utilisation devant les tribunaux.

L’étendue des exigences en matière de vie privée surprend le conseiller municipal Stephen Blais, dont le quartier situé à l’est de la ville a servi de laboratoire au projet pilote.

« La dernière chose que nous voulons est de vanter un programme et qu'il soit rejeté pour des raisons techniques ou encore faire face à un recours collectif pour violation de la vie privée », souligne-t-il.

Entre-temps, Rob Wilkinson ne peut pas préciser à quel moment les autobus scolaires seront munis de caméras vidéo, mais il assure que la Ville d'Ottawa y arrivera.

« J’aimerais beaucoup qu’il y en ait dans les autobus de mes enfants pour les protéger », souligne-t-il.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un rottweiler goûte à du citron pour la première fois





Rabais de la semaine