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Centre d'injection supervisée : l'ouverture du maire Watson saluée

La décision du maire d'Ottawa Jim Watson de ne pas s'opposer à la création d'un centre d'injection supervisée est bien accueillie.

Le Bureau régional d'action SIDA (BRAS) en Outaouais salue cette décision. Son directeur, Sylvain Laflamme, estime que la réaction du maire est un pas de plus dans la bonne direction.

« Les communautés d'Ottawa et de Gatineau sont très proches, alors nous on dessert les mêmes personnes. Pour le BRAS, c'est une question de santé publique et c'est une stratégie de plus pour combattre le VIH et l'hépatite C », indique-t-il.

Dans une entrevue de fin d'année accordée à CBC, Jim Watson explique qu'il continue de s'opposer personnellement au projet, mais qu'il souhaite en même temps que celui-ci soit un succès. Le maire envisage maintenant qu'un tel centre ouvre ses portes en 2018.

Le directeur du Centre de Santé communautaire Côte-de-Sable dans lequel le site d'injection supervisé serait installé se dit « heureux » de la nouvelle et « confiant » dans la réalisation du projet.

Rob Boyd prévoit aménager une salle de réunion avec cinq cabines dans lesquels les patients pourraient venir faire leur injection. Le centre de santé accueille déjà des personnes qui souffrent de toxicomanie.

Infirmier dans ce centre, Luc Cormier aura pour tâche de superviser les injections.

« On sait que les services d’injection supervisée sont efficaces pour établir des relations thérapeutiques avec les clients qui s’y présentent », explique-t-il. « Comme les gens viennent déjà ici, ils pourront avoir des seringues propres. Ils peuvent s’injecter de la drogue de la façon la plus sécuritaire possible ».

Le centre permettra aussi d'analyser la drogue de façon à prévenir les surdoses et à éviter la situation que connaît la Colombie-Britannique avec les surdoses de fentanyl, selon l'infirmier.

Des règles assouplies

À la mi-décembre, le gouvernement fédéral a déposé le projet de loi C-37 visant, entre autres, à faciliter l'ouverture de centres d'injection supervisée au pays. S'il est adopté, 5 grands critères devront être respectés pour permettre l'ouverture de tels centres, au lieu des 26 actuellement en vigueur.

Santé publique Ottawa examinera les détails de cette annonce.

De leur côté, les députées d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna, et d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers, ont donné leur appui à un futur centre d'injection supervisée.

Toutefois, le Service de police d'Ottawa (SPO) et son chef, Charles Bordeleau, restent sceptiques. Ils craignent que l'ouverture d'un tel centre à Ottawa augmente le taux de criminalité.

« Toute décision au sujet de l'implantation d'un centre d'injection supervisé doit faire l'objet d'une importante consultation publique [trad. libre] », avait alors déclaré le SPO par voie de communiqué.

Le Service de police d'Ottawa confirme par ailleurs avoir reçu une proposition pour un centre d'injection supervisée et en évalue les effets potentiels sur la « criminalité et le désordre public ».

Avec les informations du journaliste Michel-Denis Potvin

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