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Ces anglophones et francophiles qui vont célébrer le Jour des Franco-Ontariens

Des anglophones et francophiles amoureux du français et de la culture francophone ont tout simplement décidé de se joindre aux célébrations du Jour des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes lundi. Nous en avons rencontré quelques-uns.

Un texte de Caroline Bourdua, Francis Bouchard, Marine Lefevre et Marie-Hélène Ratel

Jordan McDonald, Grand Sudbury

Jordan McDonald est anglophone d’origine et ses parents l’ont envoyé à l’école d’immersion étant enfant. Contrairement à ses amis qui ont quitté l’immersion pour l’école anglaise au secondaire, il a poursuivi toute son éducation en français.

« C’est vrai que beaucoup d’amis ont choisi ce parcours, mais mes parents anglophones m’ont encouragé à terminer mes études en français et à être bilingue. Après l’immersion, beaucoup laissent tomber le français. Je me compte très chanceux du fait que j’ai rencontré ma femme, une Franco-Ontarienne, et sa famille. J’ai vu la culture française et c’est à travers tout ça que j’ai pu pratiquer la langue et la pousser encore plus loin que de simples études », explique M. McDonald.

Son épouse est enseignante dans une école de langue française et ses deux filles fréquentent la garderie et l’école en français.

« C’est juste de montrer aux enfants que la fierté francophone est quelque chose à célébrer », conclut Jordan McDonald.

Penny Sutcliffe, Grand Sudbury

Née d’une famille anglophone, Penny Sutcliffe ne craint pas de s’afficher francophile. Son époux vient des Pays-Bas, il comprend, mais parle peu le français. Malgré tout, le couple a décidé d’envoyer ses deux filles à l’école française.

« On a adopté nos filles à Haïti, ça fait presque 15 ans, et on a pensé que ce serait une bonne idée de les élever en français et de leur offrir aussi l’occasion d’être bilingue ici dans le nord de l’Ontario. »

Madame Sutcliffe a appris la langue de Molière à travers des échanges au Québec et en France à l’adolescence. Mais par la suite, l’espagnol a pris le dessus et le français a été oublié.

Il y a 10 ans, au cours d’une année sabbatique, la famille a déménagé à Québec.

« Cela a donné l’occasion d’améliorer mon français. Au début avec nos enfants, nous ne parlions que le français à la maison, car c’est difficile de conserver cette langue en milieu minoritaire. Maintenant, c’est plus difficile, les adolescents [...] c’est plus cool de parler l’anglais que le français, mais on essaie toujours de le promouvoir chez nous. »

La famille de Mme Sutcliffe souligne la journée franco-ontarienne en s’habillant de vert et de blanc.

Victor Granholm, Hearst

Victor Granholm est un immigrant américain (New Jersey) arrivé dans le sud de l’Ontario en 1965, à l’âge de 18 ans, au sein d’une famille de quatre nouveaux résidents permanents. Il est arrivé à Hearst en janvier 1974 pour un emploi de trois mois. Il y habite depuis. « À ce moment-là, je connaissais seulement un mot en français : merci », dit-il.

M. Granholm affirme qu’il est engagé à apprendre et à travailler en français à Hearst, une ville dont la majorité des résidents est francophone. « Comme on dit, quand vous êtes à Rome, faites comme les Romains (ou, fais ce que les Hearstiennes-ens font). »

M. Granholm souligne que l’apprentissage de la langue est un processus permanent pour lui.

Après son arrivée à Hearst, il dit qu’il a embauché un tuteur, un enseignant à l’École secondaire de Hearst. Il indique qu’il a aussi appris le français grâce aux milieux de travail, divers cours du soir, les médias écrits et électroniques, les relations intimes, la culture, les spectacles musicaux, ainsi que les mouvements francophones.

« Vivre à Hearst est comme un cours d’immersion en français. »

Milica Samardzija, Windsor

Milica Samardzija est élève en 8e année à l’école d’immersion Giles-Campus à Windsor. Pour elle, parler le français est une véritable fierté.

« C’est une opportunité. Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne le parlent pas alors que c’est une langue très populaire », explique-t-elle.

Originaires de la Serbie, ses parents ne connaissaient pas l’existence des écoles d’immersion à leur arrivée au Canada, mais ils en ont tout de même choisi une.

Aujourd’hui, Milica saisit toutes les occasions de pratiquer cette langue qu’elle a complètement adoptée.

Lundi, elle participera avec 31 autres élèves de son école à la cérémonie du lever de drapeau à l’hôtel de ville de Windsor. Elle est un peu nerveuse, mais ravie de partager ce moment important pour les Franco-Ontariens.

Sofia Labra Castro, Windsor

D’origine espagnole, Sofia a appris le français au cours des années qu’elle a passées au Québec avant que sa famille ne s’installe en Ontario.

Même si c’est sa deuxième langue, le français fait partie intégrante de sa vie.

« C’est important parce que ça va m’ouvrir des portes quand je vais être grande pour le travail. »

À son arrivée en Ontario, elle a été surprise de constater qu’il y avait tant de francophones et de francophiles, surtout dans les écoles.

Pour lundi, elle a pratiqué la chanson Mon drapeau. Et même si elle n’est pas encore pleinement à l’aise avec les paroles, c’est avec fierté qu’elle entonnera cet hymne avec ses amis.

Danuta Moyseowicz, Newmarket

Danuta Moyseowicz est Polonaise et a immigré au Québec en 1986 où elle a appris le français.

Depuis qu’elle s’est installée dans la région de York en 2011, elle est toujours à la recherche de rassemblements en français pour échanger avec des membres de la communauté.

C’est pourquoi elle compte participer à une épluchette de blé d’Inde dimanche dans la région.

« Ça sera la possibilité de rencontrer d’autres personnes qui habitent en Ontario. Ça sera intéressant de voir comment ça sera organisé », explique-t-elle.

Elle admet mieux connaître l’histoire québécoise que celle des Franco-Ontariens, mais espère pouvoir en apprendre davantage grâce à de nouvelles rencontres.

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