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Ces retraités branchés derrière des pages Facebook francophones

Les pages Facebook sur les enjeux qui touchent les francophones de l'Ontario se multiplient. Fait intéressant : ce sont surtout des retraités qui gèrent ces pages. Qu'est-ce qui les pousse à s'impliquer? Pourquoi est-ce que les jeunes sont moins au rendez-vous?

Un dossier de Laurence MartinTwitterCourriel et de Valérie OuelletTwitterCourriel

Carole Lafrenière-Noël ne pensait jamais se transformer en retraitée branchée quand elle a quitté son travail, il y a quatre ans.

Cette grand-mère originaire de Verner, dans le nord de l'Ontario, voulait s'occuper de ses petits-enfants et faire du bénévolat. 

Par hasard, elle s'est découvert une nouvelle passion : gestionnaire de communauté virtuelle.

Son groupe « Franco-Ontariens du Nord de l'Ontario  » compte maintenant 1 700 abonnés et la grand-maman est une vedette du web...ou presque.

Chaque jour, elle publie des articles en français et des invitations aux activités communautaires sur sa page, une façon pour elle de briser l'isolement et surtout de rester en contact avec le nord de l'Ontario, même si elle habite surtout à Ottawa. 

Des francophones plus militants?

Pour Philippe Landry, l'engagement en ligne, c'est un geste militant. Depuis quelques mois, il est cogestionnaire de la page « Fier d'être Franco-Ontarien//Franco-Ontarienne », l'un des plus gros rassemblements en ligne de Franco-Ontariens. 

Sur sa page, les internautes débattent : est-ce que l'université franco-ontarienne est une bonne idée? Est-ce que les services en français sont adéquats? 

Il voit son groupe « comme une espèce d'agora à la Grecque, où les gens lèvent la main, ils participent » et il passe plusieurs heures par jour à publier articles et vidéos.

Il a grandi dans une famille exogame dans l'est de l'Ontario et se rappelle à quel point accéder à de l'information en français pouvait être difficile.

Il faut parler du quotidien en français

D'autres, plus jeunes, ont une vision bien différente de ce à quoi devrait rassembler ces forums en ligne. Mathieu Fortin, créateur du jeune groupe Facebook « Je suis Franco-Ontarien//Franco-Ontarienne », croit que sa page ne devrait pas seulement parler d'enjeux politiques francophones.

Selon lui, un des problèmes avec certaines pages, c'est que ce sont toujours les mêmes qui commentent, qui militent, qui s'impliquent. C'est un constat qu'on fait aussi dans les centres communautaires, qui sont de plus en plus délaissés par les jeunes. 

Pour Mathieu Fortin, si on veut rejoindre des internautes de tous âges, il faut par exemple que, sur la page Facebook, des parents puissent demander de l'aide pour trouver une garderie ou une école en français. 

Les jeunes Franco-Ontariens sont-ils intéressés par ces pages ? 

Nous avons posé la question à Aja Besler, jeune internaute qui était responsable de la page Facebook officielle du 400e anniversaire de la présence française en Ontario.

Selon les statistiques qu'elle nous a fournies, environ deux fois plus d'internautes de 55 ans et plus (27 %) que de jeunes de 24 ans et moins (15 %) ont aimé la page. 

En plus de « l'effet Matante », l'aspect très public de Facebook peut aussi, selon Aja Besler, décourager les jeunes de participer, parce que la communauté est petite et que c'est délicat de discuter des « vraies affaires », si un proche ou un collègue de travail fait partie du même groupe.

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