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Changer le recensement « pour améliorer le sort de la francophonie hors Québec »

Des avocats du cabinet Juristes Power, engagé notamment dans des batailles juridiques relatives aux droits linguistiques, dont celle pour l'éducation en français en Colombie-Britannique, demandent à Statistique Canada de changer les questions de son recensement « pour améliorer le sort de la francophonie hors Québec ».

Un texte de Fanny Bédard

Les sept signataires de la lettre d’opinion publiée samedi dans le quotidien québécois Le Devoir estiment que le recensement ne pose pas les questions nécessaires pour identifier tous les citoyens canadiens ayant droit de faire éduquer leurs enfants en français à l’extérieur du Québec.

Cette lacune participe au recul du fait français au pays en contribuant à « l’absence d’un réseau adéquat d’écoles francophones à l’extérieur du Québec », écrivent-ils.

La seule façon de compter combien d’enfants justifieraient des écoles de langues françaises, c’est de se tourner vers le recensement, organisé par Statistique Canada, tous les cinq ans. Le problème est qu’il existe trois catégories d’enfants qu’il faut compter pour déterminer si le nombre justifie une école, mais le recensement n’en compte qu’une seule.

Mark Power, avocat Juristes Power

Des parents oubliés par le recensement

Ils précisent qu’en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, trois catégories de parents ont le droit de faire instruire leurs enfants en français: 

1) les parents dont la langue maternelle est le français ;

2) les parents qui ont fait une partie importante de leur scolarité au niveau primaire dans une école de langue française ;

3) les parents dont l’un des enfants fréquente ou a fréquenté une école de langue française.

Or, les avocats font valoir que le recensement ne prend en compte que la première catégorie de personnes et déplorent que la formulation de la question sur la langue démotive les parents qui parlent plusieurs langues à en indiquer plus d’une quand ils remplissent le questionnaire.

« Sans avoir le plein portrait, sans connaître combien d’enfants francophones pourraient se prévaloir d’une école (…), on peut très difficilement revendiquer la pleine mise en œuvre de nos droits », a déclaré l’avocat et signataire de la lettre d’opinion, Mark Power en entrevue à Radio-Canada.

Selon lui, il faut que le ministre Navdeed Bains, responsable de Statistique Canada, et Mélanie Joly, ministre de Patrimoine canadien agissent « parce qu’il n’est pas trop tard pour modifier les questions qui seront posées dans le recensement, avance Mark Power. C’est dès 2018 qu’on finalise les questions qui seront posées en 2021. Et c’est maintenant que Statistique Canada nous dit qu’il est le temps opportun de proposer de nouvelles idées ».

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