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Chanter « en bilingue » : une seule langue pour la musique canadienne

En cette semaine de la musique et de la chanson francophone, la Coalition de l'industrie de la musique d'Ottawa (CIMO) s'attaque à un sujet d'actualité en musique canadienne : la diversité linguistique.

Un texte de Julien Morissette

Faire découvrir la chanson francophone aux divers acteurs de l'industrie de la musique anglophone, voilà un grand défi.

C'est une des nombreuses motivations de Natalie Bernardin, directrice générale de l'Association des professionnelles de la chanson et de la musique (APCM) et Yaovi Hoyi (Yao) d'Intello-Productions. Les deux prennent part à une série d'activités à travers l'Ontario, pour discuter du positionnement d'Ottawa dans l'industrie de la musique canadienne.

Les Lundis en musique à Ottawa

Lundi soir, l'APCM est l'hôte du premier Lundi en musique, où il est question de la diversité linguistique au sein de l'industrie. Les producteurs, artistes et diffuseurs d'Ottawa veulent se rassembler pour discuter des avantages et des défis du bilinguisme.

Moonfruits, duo bilingue de la région de la capitale nationale, sert de point de départ musical pour la discussion. En effet, Alex Milaire et Kaitlin Milroy ont lancé un premier album en anglais et préparent un deuxième opus dans la langue de Charlebois.

Deux solitudes dans le financement gouvernemental

La CIMO a été formée dans le but d'unir les voix francophones et anglophones de la musique ottavienne. « Notre industrie a été très ségrégée jusqu'à ce point. Nous sommes à l'avant-plan de ces discussions sur la séparation entre les langues musicales » indique Natalie Bernardin, de l'APCM. Selon elle, les artistes franco-canadiens doivent exporter leur musique dans les marchés internationaux pour vivre de leur art. Pour ce faire, le bilinguisme est primordial. 

Écouter Nathalie Bernardin de l'APCM :

Natalie Bernardin croit que le temps est venu de se pencher sur le bilinguisme des artistes canadiens pour mieux répondre à leur réalité, en affaires comme en création. Elle cite également les artistes québécois, qui doivent calculer les proportions de mots en français et en anglais dans leurs pièces, comme Dead Obies ou Loud Lary Ajust.

Le « franglais » dans le hip-hop québécois

Les artistes de hip-hop québécois doivent composer avec les contraintes linguistiques pour la production de leurs albums.

En mars dernier, nous apprenions que la formation Dead Obies avait perdu une subvention de Musicaction, parce que le français ne comptait que pour 55 % des textes de l'album Gesamtkunstwerk, alors que Musicaction exige une proportion minimale de 70 %.

Les rappeurs Ogden Ridjanovic (alias Robert Nelson) et Maybe Watson (alias Produit Laitier) viennent tout juste de lancer le premier album de Rednext Level. Sur Argent légal, les deux interprètes passent naturellement du français à l'anglais.

Les deux rappeurs, aussi membres du collectif Alaclair Ensemble, ont le même désir que les artistes de l'APCM. Ils aimeraient briser la barrière de la langue, afin de communiquer avec les membres de l'industrie musicale du Canada anglais et des États-Unis.

« Il faut sortir de l'idée que de vivre dans notre bulle de culture québécoise, c'est bon pour nous », renchérit Ogden Ridjanovic. « C'est bon à certains égards, mais c'est vraiment problématique sur certains points. C'est ce qui fait qu'en tant que rappeurs québécois, on ne s'adresse qu'à 7millions de personnes. »

La première étape du dialogue entre les scènes francophones et anglophones a lieu cette semaine à Toronto, dans le cadre de la Canadian Music Week.

Mercredi, l'APCM y présente sa toute première vitrine musicale bilingue. Le lendemain, l'étiquette montréalaise Bonsound propose une vitrine avec Dead Obies, Radio Radio, Lisa LeBlanc, les Deuxluxes et Safia Nolin.

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