Retour

Choisir de reconstruire au bord de l'eau, le pari de sinistrés des inondations

Philippe Grenier et Suzie Perreault vivent rue Jacques-Cartier depuis 35 ans. Au printemps dernier, leur maison a été inondée. Un an plus tard, ils commencent enfin les travaux d'immunisation de leur maison.

Un texte de Karine Lacoste

Plusieurs de leurs voisins ont quitté le quartier, dans le secteur de Gatineau. Leurs maisons ont été démolies. Eux, ils ont choisi de rester.

Depuis un an, ils ont dû passer à travers de nombreuses étapes : travaux d’urgences, inspection par les experts de la province, obtention de permis, etc.

Ils sont encore en attente de certaines informations de Québec, mais ils ont au moins reçu, lundi dernier, un courriel qui confirme l’indemnisation pour les travaux d’immunisation. Ils peuvent donc finalement entreprendre les travaux qui leur permettront de rentrer chez eux vers la fin juillet, si tout se passe bien.

« Ça nous a permis de prendre une pause pendant l’hiver et de conforter notre décision de vouloir revenir et de s’engager dans ces travaux-là », explique Mme Perreault.

Dans le cadre des travaux, la maison sera surélevée d’environ un mètre et demi, pour atteindre la norme du 0-100 ans. Ces travaux se font en plusieurs étapes. D’abord on soulève la structure, puis la fondation doit être entièrement remplacée.

Le jeu en vaut la chandelle, selon le couple. Ils font le pari qu'ils auront d'autres beaux jours dans cette maison au bord de l’eau, et ce, même s’ils devront annuler certains de leurs projets de voyage en raison des coûts importants des travaux.

« On fera du balcon », disent-ils en riant, en pointant la vue imprenable qu’ils ont sur la rivière des Outaouais.

La crue printanière ravivera sûrement de douloureux souvenirs lors des prochaines années, admet Philippe Grenier, mais une fois les travaux complétés, il n'y aura plus de risque pour sa maison, croit-il.

Mme Perreault rappelle pour sa part que l'inondation de mai 2017 était inhabituelle.

« Une fois par 100 ans peut-être? On espère que la prochaine on ne la verra pas », dit-elle, en guise de conclusion.

Plus d'articles