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Christopher Deacon devient le nouveau dirigeant du CNA

Christopher Deacon prend les rênes du Centre national des Arts (CNA). Succédant à Peter Herrndorf, qui occupait le poste de président et chef de la direction de l'institution depuis 1999, l'homme de 59 ans s'engage à ce que le CNA devienne « aussi national en français qu'en anglais ».

Un texte de Valérie Lessard

Se qualifiant lui-même de « francophile », M. Deacon, qui a grandi à Gatineau, a « toujours été fasciné par l'influence de la langue sur notre culture ». Il aspire maintenant à faire rayonner la langue française plus largement, à l'intérieur comme à l'extérieur des murs du CNA.

Un tel engagement a évidemment de quoi réjouir le directeur du Conseil des arts du Canada, Simon Brault.

Au cours des dernières années, le CNA, à part pour son Théâtre français, a toujours été beaucoup moins flamboyant, moins présent et moins connu du côté francophone, a-t-il commenté.

Pour sa part, la directrice artistique du Théâtre français du CNA, Brigitte Haentjens, apprécie la stabilité que sous-tend la nomination de M. Deacon.

Il va permettre au Centre national des arts d'avoir un visage un peu plus bilingue, mais vraiment bilingue, quelque chose qui vient de l'intérieur, pas juste une consigne artificielle, a-t-elle dit.

S'inscrire dans la continuité

Cumulant 30 ans de métier au sein de l'équipe de l'Orchestre du CNA (OCNA), Christopher Deacon devient le premier employé du CNA à être promu ainsi de l'interne à la tête de l'organisation depuis sa création en 1969.

Le compositeur de formation a notamment étudié le piano au Conservatoire de musique de Gatineau. Il a par la suite poursuivi sa formation musicale à Toronto, où il a entamé sa carrière en administration des arts au sein de l'équipe de la série de concerts de musique nouvelle Arraymusic.

M. Deacon est revenu dans la région d'Ottawa-Gatineau en 1987, joignant les rangs de l'OCNA en tant que gestionnaire de tournée. Il a grimpé les échelons, passant de gestionnaire de l'Orchestre en 1989 à directeur administratif en 1996, poste qu'il occupait depuis.

Sa nomination s'inscrit dans un esprit de continuité et de stabilité qui s'avère rassurant pour les employés de l'institution, après le chantier de reconstruction qu'ont été les dernières années. Les changements ont été nombreux, tant sur le plan architectural qu'organisationnel, avec la mise en place du Théâtre autochtone, entre autres.

On ne peut pas continuer à aller de l'avant avec la même vigueur que ça a été fait dans les dernières années. [...] Il faudrait que ces changements soient absorbés de façon organique, par les employés et par la population, aussi, a mentionné Brigitte Haentjens.

Miser sur la continuité représente une « bonne nouvelle » pour une institution en bonne santé artistique et financière.

J'apprécie aussi le vote de confiance totale exprimé à l'endroit des directions artistiques en place, a renchéri Simon Brault.

M. Brault a également noté l'engagement à s'ouvrir à la communauté, tant par l'éducation que la médiation culturelle, de même que « l'utilisation intelligente du numérique » et l'importance des liens tissés avec les diverses communautés autochtones dans le discours du nouveau président et chef de la direction du CNA.

Ce sont autant de messages qui lui font entrevoir leur future collaboration d'un très bon oeil.

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