Retour

Cinq choses que les familles de militaires entendent tout le temps

Valérie Lacasse est la maman de Samuel, huit mois et demi. Elle et son mari, Éric, officier d'infanterie dans les Forces armées canadiennes, se sont installés à Gatineau au début de l'été. Jhade Montpetit a rencontré cette jeune famille pour la série Vie de parents.

Valérie travaillait en montage vidéo, à Montréal, quand elle a rencontré Éric lors d'une fête à son domicile. Ils ont commencé à se fréquenter, puis, de fil en aiguille, ils se sont mis en couple et Valérie a fini par emménager avec son conjoint à Québec.

Puis Samuel est venu au monde. Éric a été envoyé en mission en Ukraine moins de deux semaines après sa naissance. Sur le coup, Valérie a vécu la séparation comme un déchirement, mais par la suite elle s'est rendu compte que la réalité était beaucoup moins « noire » que ce qu'elle imaginait.

Elle insiste sur le fait qu'elle a pu compter sur le soutien de sa famille et de celle de son conjoint, mais aussi sur son réseau de connaissances, ainsi que sur le Centre de ressources familles-militaires de Valcartier, qui lui a permis d'avoir un peu de répit quand elle était très fatiguée.

La petite famille savait qu'un déménagement était possible après le déploiement d'Éric en Europe de l'Est. Cela s'est confirmé un mois après la naissance de l'enfant, puis au début du mois de juillet, ils ont emménagé à Gatineau.

1. Je n'aime pas ça, la guerre!

C'est une des réactions que Valérie obtient quand elle révèle le métier de son époux. Selon elle, cela vient des stéréotypes que l'on associe souvent aux personnes qui sont sous les drapeaux. Un cliché très éloigné de la réalité, selon elle.

« Je ne connaissais absolument rien à la vie militaire. En fait, j'avais les mêmes préjugés que monsieur et madame tout le monde, que ce sont des gens un peu obtus, sans trop de profondeur, ce qui est totalement faux, parce que je ne serais pas avec quelqu'un comme ça », souligne-t-elle.

Elle rappelle que les militaires sont des personnes comme les autres, sauf qu'ils se dévouent à une cause et à leur emploi. Elle ajoute que son mari préfère de loin rester auprès des siens à devoir aller dans les zones de conflits.

2. Tu savais dans quoi tu t'embarquais!

Valérie dit que certains commentaires lui donnent l'impression qu'elle n'a pas le droit de se plaindre.

« Dans le sens: "Plains-toi pas, tu savais dans quoi tu t'embarquais" », précise-t-elle. « Je compare ça à devenir parent. Avant de devenir parent, on sait un peu dans quoi on s'embarque, mais ce n'est jamais aussi vrai que quand on est dedans, quand on le vit. »

Avec le temps, elle a réalisé qu'être femme de militaire, c'est aussi apprendre à gérer l'incertitude.

Les affectations d'Éric peuvent changer rapidement et fréquemment. Elle est donc obligée de s'adapter, notamment quand il a fallu déménager.

3. Tu es chanceuse d'avoir des gens qui font ton déménagement

Pendant la préparation du déménagement en Outaouais, Éric était parti en mission. C'est toute seule que Valérie a dû mettre leur maison de Québec en ordre, la garder présentable pour les visites des acheteurs potentiels, tout en s'occupant d'elle-même et de son nouveau-né.

Par ailleurs, une fois arrivé à destination, il fallait vider les boîtes et effectuer les nombreuses démarches administratives.

« Faire les changements d'adresse, réarranger la maison, se réorganiser une vie, des amis, se retrouver un travail », énumère Valérie. « Parce que, quand on déménage, le mari a un travail et un cercle social, mais nous, les femmes, c'est plus rare. »

4. C'est facile de garder le contact grâce à la technologie

Quand Valérie évoque les séparations ou les absences, elle dit qu'on lui répond qu'on n'est plus comme au temps de la Première ou de la Deuxième Guerre mondiale, où les lettres arrivaient un mois après leur envoi.

« Contrairement à ce qu'on peut penser, il n'est pas facile de parler à mon mari lorsqu'il est à l'étranger. Difficile, les Skype et Facetime, car la bande passante est souvent très utilisée, ce qui rend les communications mauvaises », explique-t-elle.

Elle dit que, même aujourd'hui, les colis qu'elle peut envoyer à son mari arrivent deux ou trois mois plus tard.

5. Les retrouvailles, c'est comme dans les vidéos sur YouTube!

Quand les militaires reviennent des absences, que ce soit de mission dans d'autres pays ou même d'un cours qui se donne ailleurs, il y a toujours une période de réadaptation pour tout le monde.

« Des fois, le retour est plus dur que le départ parce que moi, je me suis fait une routine, des habitudes », indique Valérie. « Mais quand il revient, je dois tout réarranger le plus possible pour l'inclure dans les routines, dans notre vie de tous les jours. Lui doit se réintégrer dans notre vie aussi. »

Par ailleurs, dit-elle, les enfants aussi vivent des émotions fortes liées à l'absence de leur parent et aux changements dans leurs vies.

En tant que conjointe et maman, Valérie dit qu'elle doit arriver à concilier tous ces aspects, les émotions de tout le monde et les siennes. Elle se plaît aussi à dire que l'important, ce n'est pas le temps où son mari est parti, mais ce qu'il fait quand il est de retour au bercail.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un sanglier est coincé sur un lac gelé





Rabais de la semaine