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Cinq phrases que les pères qui obtiennent la garde de leur enfant se disent tout le temps

Dans une séparation difficile, est-ce que les papas et les mamans sont égaux devant la justice lorsqu'on veut obtenir la garde d'un enfant? C'est une question que se sont posée Les malins et à laquelle deux pères ont accepté de répondre en racontant leur histoire.

La famille Lemieux

Anthony fête ses 11 ans aujourd'hui. Il avait 5 ans le jour où ses parents ont décidé de divorcer. La séparation a bouleversé toute la famille.

Le père d'Anthony, Sylvain Lemieux, explique que quand sa femme lui a annoncé qu'elle le quittait, il est passé par toute une gamme d'émotions : la surprise, l'incompréhension, la peine et puis l'angoisse de perdre son fils.

Je n'avais aucune idée d'où il était. Je me doutais bien qu'il était avec sa mère et qu'il n'était pas en danger. Toutefois, je n'ai pas entendu parler de lui pendant 14 jours.

Sylvain Lemieux

Le père d'Anthony affirme qu'il a une relation « merveilleuse avec son fils ». Au départ, il ne comprenait pas ce qu'est une « mesure d'urgence » et pour quoi il risquait de perdre la garde de son fils. « Je me suis dit, je suis en eaux troubles, mais je m'en vais là-dedans, je m'en vais chercher mon fils. »

Sylvain Lemieux a pris un avocat. « La facture grimpe assez rapidement », confie-t-il. « J'y ai passé toutes mes économies. J'ai pratiquement perdu ma maison à vouloir récupérer mon fils. »

Ce qui l'a le plus inquiété, c'est l'impact de cette séparation sur son petit garçon.

« Pourquoi ça se passe comme ça? Pourquoi les enfants doivent-ils être les victimes de l'immaturité et de la non-responsabilité de parents qui probablement sont blessés, vit des situations déchirantes et blessantes? Malheureusement, ce sont les enfants qui paient. »

Le père d'Anthony reconnait que son ancienne épouse a eu le réflexe de faire suivre leur fils très jeune par un psychologue. L'enfant a appris à extérioriser ses émotions en faisant des dessins et en racontant ce qu'il avait vécu. « Je suis d'un naturel très ouvert », explique-t-il. « J'incite souvent mon fils à s'exprimer et à me dire ce qu'il vit et ce qu'il ressent... Je pense que ça l'a aidé. »

« Anthony, c'est un petit coeur sur deux pattes. C'est un enfant gentil, respectueux, poli, c'est un ange à mes yeux. »Père d'Anthony

Le père d'Anthony a dépensé près de 40 000 $ pour avoir la garde de son fils une fin de semaine sur deux et un mercredi sur deux, en plus des vacances et de certaines journées pédagogiques. « Tous les moments qu'on passe ensemble sont merveilleux », souligne le père d'Anthony avec émotion. « J'aimerais passer plus de temps avec lui. »

La famille Bolduc

Robert a 10 ans. Il avait 5 ans le jour où ses parents ont décidé de divorcer.

Personne dans la famille n'est sorti indemne de cette séparation.

Le père de Robert, François Bolduc se souvient : « Ça n'a pas été facile. C'est une histoire assez rocambolesque et triste pour mon fils. » Il a fallu 4 ans pour que François obtienne la garde partagée de son fils.

Son avocate a passé beaucoup de temps avec lui au téléphone pour lui expliquer des décisions qu'il ne comprenait pas.

« J'ai été bien entouré. J'ai des parents qui ont été présents et aidant » explique François Bolduc. « J'ai des amis aussi. Et j'ai eu beaucoup de chance dans mon travail d'avoir un patron qui a compris la situation. Il aurait pu me mettre à la porte parce que ma production n'était vraiment pas à la hauteur. »

François Bolduc s'estime chanceux d'avoir été si bien entouré. Il estime que la raison pour laquelle il a obtenu la garde partagée de son fils, c'est parce qu'il a eu la chance d'avoir des gens bien autour de lui.

Il a s'est rendu à Réseau Homme Québec, un organisme qui aide les hommes à gérer leur divorce.

« J'ai pleuré. Je suis sorti de ce stéréotype de l'homme fort et inébranlable. On a fait de l'exercice et j'ai pu trouver partager mon histoire, trouver quelqu'un qui m'a écouté sans nécessairement me dire quoi faire. »

Brailler, ne fais pas de mal, au contraire, cela permet d'extérioriser la frustration.

François Bolduc, père de Robert

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