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Combien de femmes en Ontario vivent avec les conséquences de l’excision?

Le 6 février est la Journée internationale de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines organisée par les Nations-Unies. D'après l'Unicef, 130 millions de femmes et de filles dans le monde vivent avec une mutilation génitale et les nombreuses complications médicales qui l'accompagnent.

Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

Au Canada, les mutilations sexuelles génitales sont illégales, mais cette pratique est peu documentée compte tenu de son caractère clandestin.

Il n’existe pas de statistiques en lien avec la pratique en Ontario; il est donc impossible de savoir combien de femmes qui l'ont subie vivent dans la province.

Toutefois, selon des témoignages récoltés par Oasis Centre des femmes et la Commission ontarienne des droits de la personne, l’excision serait pratiquée dans la province et ailleurs au Canada, et des jeunes filles sont souvent renvoyées dans leur pays d'origine le temps d'y subir l'excision.

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Un problème qui touche la francophonie

En Ontario, plusieurs survivantes sont issues de l’immigration francophone, comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso ou le Mali, où il est estimé que 92 % des femmes âgées de 18 à 45 ans ont subi la mutilation. « Ça touche des femmes que nous côtoyons, mais qui n’osent pas le dire », explique Dada Gasirabo, directrice générale d’Oasis Centre des femmes.

L’organisme a d’ailleurs organisé un forum sur l’excision au Collège Boréal afin de conscientiser la communauté à ce problème tabou.

Selon la Dre Nesrine Bouzit, les nombreuses complications médicales qui accompagnent ces mutilations, comme la douleur chronique, la stérilité et la transmission du VIH, ne sont pas toujours bien connues des médecins au Canada.

Également, ces femmes n’ont pas tendance à demander de l’aide. « En général, elles ne veulent simplement pas se faire toucher à cet endroit. Les blessures physiques et psychologiques sont extrêmement profondes », dit-elle.

Peu de ressources

En Ontario, les médecins sont obligés de signaler les mutilations génitales féminines aux termes de la politique de l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario et en vertu de la Loi sur les services à l'enfance et à la famille.

Oasis offre des services de soutien légal et psychologique pour ces femmes, mais il existe peu de ressources pour venir en aide aux victimes dans la province, et encore moins en français.

Selon l’Unicef, le nombre de femmes mutilées pourrait plus que doubler d'ici à 2050 si la situation ne s'améliore pas à l’échelle planétaire.

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