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Comment des parents enseignants vivent la rentrée scolaire en cinq points

Mathieu Noppen et Judith Chouinard se sont rencontrés au Collège Saint-Joseph, une école secondaire de Gatineau, alors qu'ils commençaient dans le métier. Ils ont par la suite eu trois enfants - Alice, 4 ans; Charles, 6 ans et Louis, bientôt 8 ans.

Lorsque se termine l'été, la famille passe en mode « rentrée » ou plutôt « double rentrée », puisqu'autant les petits que les grands vont à l'école. Il n'y a que la petite dernière qui est à la garderie, pour une dernière année.

Voici cinq points à propos desquels les parents-profs se font questionner régulièrement.

Comment arrivez-vous à conjuguer votre rentrée et celle de vos enfants?

« Je ne suis jamais sorti d'une école secondaire depuis 1992! », s'exclame Mathieu, qui prépare sa treizième rentrée scolaire en tant qu'enseignant. Lui-même petit-fils et fils de professeur, l'exercice n'est plus vraiment une cause de stress.

L'année prochaine cependant, la situation sera différente : Alice commencera la maternelle. « Ça, pour nous, c'est difficile », constate Judith, notamment pour qu'un des deux parents soit présent le premier jour de la rentrée de la benjamine.

Aussi, leur présence aux réunions de parents nécessite de « jongler avec les horaires ». Par chance, les grands-mères viennent donner un coup de main. « Ça aide beaucoup », reconnaît Judith « C'est un petit casse-tête, mais comme d'autres parents, je pense. »

Après une journée bien remplie à l'école, a-t-on encore de la patience avec les enfants à la maison?

« Il le faut! On n'a pas le choix », lancent les deux parents en choeur. Mais le contraire est aussi vrai, note Mathieu.

« On peut commencer une journée du mauvais pied et arriver à l'école, mais [ce n'est pas une raison] d'être en maudit contre mes élèves », explique-t-il. « Et ce n'est pas parce que j'ai eu une moins bonne journée qu'il faut que me venge sur mes enfants. Il faut trouver un équilibre entre tout ça. »

« Je pense que le fait que les deux, on est dans le milieu, on comprend la réalité de l'autre », ajoute Mathieu. D'ailleurs, lorsqu'il constate que sa conjointe a eu une journée plus difficile, il propose aux enfants de prendre une marche - idem lorsque vient le temps des corrections!

« Vous êtes bien : vous avez trois mois de vacances! »

La longueur du congé estival des enseignants revient de façon récurrente dans les commentaires entendus. C'est d'ailleurs un point que les enfants apprécient!

Mathieu et Judith soulignent toutefois que ces fameux trois mois ne sont pas payés... et qu'ils n'ont pas accès à l'assurance-emploi.

« On se met de l'argent de côté tout au long de l'année pour être capables d'avoir des vacances », explique Mathieu.

« On a des vacances, mais on ne les a pas choisies », renchérit Judith. « C'est la réalité de notre emploi. Notre 10 mois où on est au travail, on travaille! Et ce sont des heures supplémentaires qui ne nous seront jamais payées. »

Cela dit, ils ont choisi ce métier en toute connaissance de cause. « On le fait. On travaille fort, les fins de semaine, les soirs », ajoute Judith. « Mais est-ce qu'on peut avoir nos vacances et ne pas se faire reprocher d'[en] avoir, alors que toute l'année, on fait un 10 mois très intensif? »

À cela doit s'ajouter la correction, souvent exécutée à la maison. « C'est drôle quand ce sont des enfants qui se rendent compte de notre réalité », rapporte Judith, qui aime corriger rapidement.

Une élève lui a d'ailleurs demandé comment elle avait pu remettre si promptement les copies corrigées... alors qu'elle avait une famille, ce qui nécessitait du temps!

Comment fait-on en tant que conjoints pour travailler ensemble?

Selon Judith, il y a plus d'avantages que d'inconvénients, dont celui de connaître la réalité de l'autre.

« On a besoin de parler de sa journée. On peut échanger. L'autre comprend complètement notre réalité », explique-t-elle. « En plus, on a des élèves en commun. Donc, on sait exactement de qui on parle! C'est enrichissant de pouvoir partager ça avec quelqu'un. »

Est-ce que vous allez enseigner à vos enfants?

Ce ne semble pas être dans les plans. Les deux plus vieux ne vont pas à l'école où enseignent leurs parents. Ils sont inscrits à l'École Saint-Jean-Bosco, dans le secteur de Hull, alors que papa et maman travaillent au Collège Saint-Joseph.

En fait, Mathieu ignore s'il serait à l'aise d'enseigner à ses propres enfants ou même comment il réagirait si ceux-ci allaient à son école.

Il craint notamment les réactions de ses enfants s'ils entendaient les commentaires des autres élèves. Mathieu rapporte notamment qu'un de ses directeurs a souligné qu'il ne faisait pas l'unanimité en classe, en citant une conversion entendue à la cafétéria.

« "M. Noppen super bon, ses cours, c'est fantastique" et l'autre [de répondre] : "Ah non, ce n'est pas assez structuré, on manque d'encadrement". Je ne sais pas comment mes enfants réagiraient d'entendre parler de leur père comme ça. [...] Ça m'inquiète un petit peu », souligne-t-il.

Mieux vaut donc, peut-être, que les autres élèves ne sachent pas que les parents sont eux-mêmes enseignants.

« Un enfant de prof n'a pas le droit d'être mauvais à l'école », ajoute Mathieu.

« Et s'il est très bon, on va dire : "Tu as l'aide de tes parents" », ajoute Judith. « Ils vont toujours être pris entre deux chaises. Il faut faire attention. Il faut vraiment qu'ils fassent abstraction des commentaires qu'ils vont entendre et qu'ils fassent leur chemin, parce que sinon, c'est juste désagréable. »

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