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Comment installer une oeuvre d'art dans un lieu public à Gatineau

Une oeuvre d'art installée dans le parc Jacques-Cartier, à Gatineau, pique la curiosité des passants et soulève plusieurs questions depuis plusieurs semaines.

Un texte de Angie Bonenfant

La structure est composée de parapluies multicolores, attachés les uns aux autres. Cette oeuvre n'a pas de nom connu et on ne sait pas pour l'instant qui est son créateur.

Une clôture a été érigée autour de l'oeuvre... et c'est cette clôture qui fait jaser.

 « Si on prend le risque de l'art urbain y faut aussi penser au risque du vandalisme, a soutenu Benoit Rollin, un passant rencontré au parc Jacques-Cartier. Tant qu'à la clôturer, on est aussi ben de l'enlever . » 

« Malheureusement, la prochaine fois y faudra y penser avant », avance pour sa part Caryssa Hadwin.

Arts urbains 101

Justement, comment une oeuvre d'art trouve-t-elle sa place dans un lieu public à Gatineau?

On a tous en mémoire l'oeuvre Papa, une immense structure de poutres d'acier, située sur le boulevard Maisonneuve, qui a soulevé la controverse.

1. Tout d'abord, seuls les artistes « professionnels » peuvent poser leur candidature à un concours d'arts publics de la Ville. Si vous êtes un artiste du dimanche, abstenez-vous!

2. Si vous résidez à l'extérieur de Gatineau, vous n'aurez également pas le droit de proposer votre oeuvre à un concours organisé par la Ville.

3. « Les procédures ou la forme du concours peuvent varier en fonction du projet et de son envergure. » Autrement dit, vous n'avez pas décroché le gros lot cette fois-ci, détendez-vous. Vous aurez peut-être plus de chances, une prochaine fois.

4. Si vous avez eu l'impression, dans certains cas, qu'une oeuvre était plus ou moins « réussie », sachez qu'un jury se base sur des critères assez stricts d'esthétisme avant de donner son approbation à une oeuvre.

5. Finalement, on évaluera votre projet en fonction du respect « des budgets, de la simplicité du chantier et de la facilité d'entretien ».

Pérennité et conservation

Parlant d'entretien, c'est Patrimoine canadien, qui est responsable de l'acquisition des oeuvres au parc Jacques Cartier. Personne dans ce ministère n'a pu nous dire à quel point le facteur « entretien » a pesé dans la balance quand est venu le temps d'accepter l'oeuvre aux parapluies multicolores.

Le ministère n'a pas expliqué, non plus, sa décision d'installer une clôture autour de l'oeuvre en question, ni pu nous dire pour combien de temps.

Chose certaine, à Gatineau, on consacre 1 % du budget des projets de construction à des œuvres d'art public et 15 000 $ sont consacrés annuellement à leur entretien.

De plus, selon le Service des communications, « le conseil a identifié un budget de 50 000 $ dans le PTI 2015, 2016 et 2017 pour la restauration d'art public sur l'ensemble du territoire de Gatineau ».

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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