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CONSULTATION - Plus difficile pour les minorités visibles de trouver un emploi à Ottawa et à Gatineau?

ICI Ottawa-Gatineau a récemment lancé une consultation en ligne sur la place des minorités visibles dans les milieux de travail dans la région de la capitale nationale. Des internautes ont ainsi livré leurs témoignages.

Plusieurs d'entre eux rapportent avoir ou avoir eu de la difficulté à trouver un emploi dans leur domaine de formation, en raison de leur appartenance à une minorité visible.

C'est notamment le cas de Bouillagui Makanguile, 38 ans, qui est originaire du Mali. Détenteur d'un baccalauréat en sociologie et développement social, en plus d'une expérience comme agent de projets à l'international, il est à la recherche active d'emploi depuis plusieurs mois dans la région d'Ottawa-Gatineau.

En désespoir de cause, il a dû accepter un emploi dans une ferme d'abattage d'animaux pour survivre financièrement. « On perd l'estime de soi-même », raconte-t-il.

Il s'interroge sur les raisons de son incapacité à trouver du travail dans son domaine.

De son côté, Mohamed-Ali Arfa, étudiant à la maîtrise en service social, vient de décrocher un emploi comme intervenant de quartier dans le secteur de Hull, à Gatineau.

Il se souvient tout de même que son nom, à consonance arabo-musulmane, a été un lourd fardeau à porter.

Selon lui, certains employeurs se laissent influencer par le nom sur les curriculum vitae. Il estime avoir déjà été victime de discrimination, alors qu'il avait postulé pour un emploi consistant à colliger des données téléphoniques pour une étude pancanadienne.

Des appels à l'aide

Selon les témoignages recueillis par ICI Ottawa-Gatineau, certaines personnes issues des minorités visibles sont parfois obligées de recourir à des organismes d'aide à l'employabilité ou même de faire appel aux élus pour tenter de se trouver de l'emploi.

C'est le cas de Bouillagui Makanguile, qui s'est tourné vers le député libéral de Papineau, Alexandre Iracà.

Le député se dit sensible aux défis de l'insertion professionnelle et à l'intégration des minorités visibles. « Il ne faut pas se le cacher, c'est difficile pour la première génération. D'abord, il y a un choc culturel, il y a parfois la barrière de la langue », souligne-t-il.

M. Iracà rappelle que des organismes comme le SITO peuvent venir en aide aux personnes aux prises avec des problèmes d'insertion à l'emploi.

Des nuances

Le portrait brossé par les répondants à notre questionnaire n'est pas que sombre. Certains internautes ont reconnu que des efforts sont effectués en matière d'intégration professionnelle.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) vante d'ailleurs l'ouverture constante de ses membres à cette catégorie de travailleurs. La directrice des affaires nationales, Monique Moreau, affirme que ses employeurs ont indiqué être prêts à embaucher toute personne détenant les compétences pour un poste.

Avec les informations de Godefroy Macaire Chabi

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