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Contrôles policiers de routine : des consultations publiques prévues en Ontario

Le gouvernement de l'Ontario a annoncé jeudi qu'il y aura une consultation publique à propos des contrôles de routine effectués par les services policiers de la province, et ce, dès le mois d'août.

Ainsi, la province souhaite que « les interactions entre la police et le public se déroulent d'une façon impartiale, uniforme et digne de la confiance du public », peut-on lire, dans le communiqué émis par le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario.

Ces contrôles sont vigoureusement dénoncés par plusieurs groupes citoyens qui estiment que les minorités visibles sont injustement ciblées par cette pratique, même si le gouvernement ontarien soutient que ces contrôles « constituent un outil utile pour la police, s'ils sont exécutés dans les règles ».

Les intervenants qui travaillent auprès des sans-abri à Ottawa voient en cette façon de faire, une forme de profilage. La décision du gouvernement ontarien de consulter la population sur cette pratique est donc bien reçue dans le milieu.

L'organisme Elizabeth Fry, qui aide les femmes judiciarisées, observe beaucoup de cas de personnes qui font l'objet de contrôles de routine. La directrice de l'organisme, Bryonie Baxter, remarque que la plupart de ses clientes ne savent pas qu'elles peuvent refuser de répondre aux policiers. Elle croit qu'il y a une meilleure façon d'intervenir auprès de ces groupes spécifiques.

« Nous voulons que les policiers soient honnêtes et équitables lors de leurs interactions avec la population. Je pense que c'est vraiment important. Je pense que vous avez de meilleures informations et qu'il y a plus de chances de résoudre des crimes quand il y a une meilleure relation entre les policiers et les groupes minoritaires », soutient Mme Baxter.

Le titulaire de la Chaire de recherche en santé mentale communautaire et l'itinérance à l'Université d'Ottawa, Tim Aubry, reçoit positivement l'annonce des ces consultations publiques. « Je pense que ça va aussi déclencher un certain débat. Et on peut aussi regarder la stratégie dans le droit de la personne, le droit individuel de la personne. Donc je pense que c'est une bonne chose d'avoir une consultation publique actuellement », affirme-t-il.

Plus tôt cette semaine, l'ombudsman de l'Ontario, André Marin, s'était lui aussi prononcé contre les contrôles de routine, les qualifiant d'illégaux.

« Je crois que les contrôles de routine sont un microcosme de ce qui s'est produit pendant le G20, où des citoyens qui n'étaient pas suspectés d'un quelconque crime ont été interpellés, se sont fait poser des questions et ont été momentanément détenus. Je ne vois pas comment cela peut être justifié... Et peu importe les avantages de cette pratique pour les policiers, ça ne justifie pas de brimer les libertés individuelles [trad. libre de l'anglais] », a-t-il déclaré.

Le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario encourage les personnes qui ont fait l'objet d'un contrôle de routine par un policier à lui faire part de leurs commentaires.

Les experts du Service de police d'Ottawa n'étaient pas disponibles pour commenter ce dossier vendredi.

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