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Controverse entourant la démolition du presbytère Très-Saint-Rédempteur

Des associations, des citoyens et d'anciens conseillers municipaux du secteur de Hull demandent aux élus de Gatineau de protéger l'ancien presbytère Très-Saint-Rédempteur, le plus plus ancien presbytère de Hull et demeure du premier évêque de Gatineau, contre la démolition que demande son propriétaire.

Dans une lettre publiée dans le quotidien Le Droit, ces citoyens et regroupements ont demandé aux élus de Gatineau de protéger l’ancien édifice maintenant converti en résidences pour personnes âgées.

Même si les propriétaires ont fait toutes les démarches en bonne et due forme, les signataires de la lettre maintiennent que le presbytère a une valeur historique et patrimoniale considérable.

« C’est un édifice avec une valeur historique importante pour le Vieux Hull, on a perdu beaucoup de notre patrimoine avec les expropriations et les feux dans le passé [...] C’est important de garder ce qui nous reste », lance Kate Helwig, qui s’oppose au projet de démolition.

« C’était l’évêché, c’était plus qu’un presbytère. C’est un bâtiment imposant qui a eu des transformations, mais c’est encore un bâtiment important qui témoigne d’une belle histoire », croit pour sa part la présidente de l’Association du patrimoine d’Aylmer, Micheline Lemieux.

Respect des procédures

La démolition demandée par le groupe Katasa, à qui appartient le presbytère, permettrait la construction d’un nouveau bâtiment de 100 chambres plutôt que les 35 que compte présentement l’édifice construit en 1902.

Mais les raisons qui poussent le propriétaire de l'édifice, le groupe Katasa, à vouloir démolir le vieux bâtiment dépassent les visées d’agrandissement.

« La grande raison [...] c’est au niveau sécuritaire. On a fait faire une étude, l’ingénieur en structure nous a conseillé que le bâtiment […] n’était pas sécuritaire à maintenir. On a beaucoup de problèmes avec le bâtiment en ce moment », relate la gestionnaire de propriété pour le groupe Katasa, Katherine Choweri.

Mme Choweri remarque bon nombre de problèmes avec le bâtiment, notamment avec les fenêtres et les fondations en mauvais état. La structure en bois du vieux presbytère poserait aussi un risque pour les résidents en cas d’incendie, selon elle.

Le groupe Katasa a présenté une requête de démolition en mars 2017. Une autre requête en ce sens, présentée en 2014, avait avorté puisque les requérants n'avaient pas toute la documentation requise.

Le Comité sur les demandes de démolition (CDD) s’est penché sur la demande le 20 mars dernier. L’Association des résidants de l’île de Hull (ARIH) avait alors demandé qu’une nouvelle évaluation patrimoniale du presbytère soit entreprise, une demande à laquelle a consenti le CDD.

« La Ville nous a demandé à deux reprises de faire des différentes études pour assurer que la bâtisse n’était pas patrimoniale. Les deux études sont revenues négatives à ce niveau-là », précise toutefois Mme Choweri.

L’évaluation a finalement été faite en octobre, et le CDD a approuvé la démolition du bâtiment le 23 octobre. Les opposants au projet contestent les courts délais, eux qui estiment ne pas avoir eu assez de temps pour lire le rapport d’évaluation.

Le 13 février, le conseil municipal fixera une date pour l'audience qui permettra à toutes les parties de présenter leurs arguments dans ce dossier. Ce sont les membres du conseil qui auront le dernier mot sur l'avenir du presbytère.

Avec les informations de Florence Ngué-No

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