Le compte à rebours est lancé pour la Coop santé Aylmer : si l'organisation ne recrute pas d'ici la fin du mois d'avril de nouveaux médecins, elle pourrait fermer ses portes de façon définitive.

Un texte de Angie Bonenfant

La coopérative est en ce moment dans un blitz d'appels d'offres pour trouver des médecins d'une part, mais aussi pour louer ses locaux à des organismes offrant des services complémentaires à la médecine.

« Ce n'est pas nécessairement la mort, parce qu'il y a des options », a expliqué en entrevue la présidente de la coop, Valérie Dufour, mais il s'agit d'une dernière tentative pour sauver les meubles.

À l'heure actuelle, la coop compte sur les services que d'un audiologiste.

Douze médecins ont simultanément claqué la porte de la coopérative à la fin du mois de novembre dernier pour joindre les rangs du GMF Carrefour santé Aylmer. Le dentiste et le pharmacien, qui oeuvrait au sein de la Coop santé Aylmer depuis plusieurs années, ont déménagé, il y a quelques jours.

On connaîtra le sort de la Coop santé Aylmer à la fin du mois d'avril, lors de l'assemblée annuelle. Les membres seront invités à se prononcer sur les différentes options mises sur la table, dont celle de fermer les portes.

Recrutement difficile

« On essaie de faire une opération séduction pour inviter les médecins à spéculer sur la valeur de participer à une activité de coopérative de solidarité », a avancé Mme Dufour.

Le contexte, toutefois, n'est pas idéal. La région de l'Outaouais a depuis longtemps de la difficulté à attirer de nouveaux médecins sur son territoire.

La Coop essaie donc d'attirer des médecins déjà établis dans d'autres cabinets en leur présentant un argument de vente alléchant.

« On leur propose un modèle d'affaires clé en main où les médecins font uniquement de la médecine, alors que nous on s'occupe de l'administration », a précisé Mme Dufour.

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Modèle d'affaires inadéquat

Pour le président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'ouest du Québec, le Dr Marcel Guilbeaut, c'est le modèle d'affaires de la Coop santé Aylmer qui fait défaut.

« Les coopératives de santé, c'est un modèle intéressant si le côté administratif est fait par la coop et s'il est financé par la coop », a-t-il expliqué. « Le problème, maintenant, c'est le financement. »

Trouver des membres dans un milieu urbain prêt à payer une cotisation annuelle relève presque un défi insurmontable, a-t-il laissé entendre.

« Autrefois lorsqu'on était membre d'une coopérative on pouvait obtenir certains avantages comme, par exemple, obtenir un rendez-vous plus rapidement ou avoir un accès privilégié à un médecin. Mais la RAMQ et le Collège des médecins sont venus mettre un terme à cela en disant que c'est illégal de fonctionner de la sorte. »

S'il n'y a plus de membre pour payer la location de l'édifice, le salaire d'une secrétaire, les fournitures, etc. qui va défrayer les coûts?

« La Coop santé Aylmer voulait gérer la clinique, mais elle voulait que les médecins soient responsables des déficits au niveau budgétaire », rappelle le Dr Gaetan Babineau qui a travaillé pendant plusieurs années au sein de la coop d'Aylmer.

Dans de telles conditions - inacceptables, selon lui -, il a décidé en compagnie des 11 autres médecins oeuvrant à la coop d'Aylmer d'ouvrir et de gérer son propre Groupe de médecine familiale (GMF).

Mousser un modèle coopératif

Mme Dufour croit toujours en son produit.

Le problème des GMF, selon elle, c'est que les médecins voient seulement leurs patients. Tandis que le modèle coopératif permet à un plus grand nombre de personnes de consulter un médecin.

Elle croit que le modèle coopératif peut encore séduire certains médecins. Dans l'immédiat, elle espère en recruter deux ou trois.

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