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Cornwall : une femme accuse les autorités frontalières d’avoir brutalisé son conjoint

Une femme originaire de la communauté de l'île de Cornwall affirme que son mari a été malmené, plus tôt cette semaine, par des agents de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), alors qu'il tentait de se rendre en voiture dans un hôpital, à Cornwall, en Ontario.

Donna Delormier soutient que son mari, Antoine Delormier, âgé de 67 ans, a été jeté et immobilisé au sol au point d'entrée de l'ASFC à Cornwall, après qu'il eut refusé de quitter sa voiture parce qu'il avait un besoin urgent d'aide médicale.

« Il n'est pas sorti du véhicule parce qu'il était malade et qu'il ne se sentait pas capable de le faire », affirme Mme Delormier.

L'île de Cornwall est située sur le fleuve Saint-Laurent et abrite le territoire Mohawk d'Akwesasne. Ce dernier est à la frontière de quatre juridictions : il comprend des terres en Ontario ainsi qu'au Québec et il chevauche la frontière entre le Canada et les États-Unis.

En 2009, le point d'entrée a été déménagé de l'île vers la terre ferme, du côté canadien, à la suite d'un différend concernant le plan du gouvernement fédéral d'armer les agents frontaliers.

Cela signifiait que les résidents de l'île allaient dorénavant passer par les services douaniers et l'immigration afin de se rendre à Cornwall, alors que l'île est entièrement située à l'intérieur des frontières canadiennes.

Trop malade pour quitter sa voiture

Selon Donna Delormier, son mari a subi quatre crises cardiaques récemment. Quand il s'est réveillé le 22 septembre, il ne se sentait pas bien et, au lieu d'attendre une ambulance à l'île de Cornwall, il a décidé de prendre le volant.

Normalement, le trajet pour passer la frontière et se rendre à Cornwall ne prend pas plus de 10 minutes.

En arrivant à la frontière, un agent lui a demandé de sortir de son véhicule afin de le fouiller, mais il a refusé.

« Ils ne lui ont pas laissé le temps d'expliquer qu'il avait un besoin urgent d'aide médicale et de l'attention d'un médecin », déplore-t-elle.

Elle raconte que son mari a été sorti de derrière le volant et projeté au sol, puis deux autres agents sont arrivés. L'un aurait mis un genou dans le dos de M. Delormier pendant que le second lui maintenait la tête à l'aide de son pied.

Placé en cellule

Le sexagénaire a été placé en état d'arrestation puis incarcéré dans une cellule pour avoir fait obstruction au travail des policiers, rapporte Donna Delormier.

À un moment donné, une ambulance a été appelée et Antoine Delormier a été emmené à l'Hôpital de Cornwall, où une pneumonie lui fut diagnostiquée.

Peu après son admission, un agent de l'ASFC est venu à l'hôpital et lui a signifié qu'il n'était plus en état d'arrestation. Vendredi, l'homme était encore alité aux soins intensifs.

Dans une déclaration écrite, l'Agence des services frontaliers du Canada indique que « tous les incidents de ce genre font l'objet d'une enquête approfondie » afin de s'assurer que les normes en matière de bonnes pratiques ont été respectées.

« Nos agents sont formés pour agir de manière appropriée quand cela est nécessaire afin d'assurer la sécurité des voyageurs, d'eux-mêmes et des autres personnes présents dans nos établissements », est-il précisé.

Le Conseil des Mohawks de Akwesasne dit qu'il suit l'évolution de ce dossier avec attention. Cornwall se situe à une centaine de kilomètres au sud-est d'Ottawa.

D'après un texte de CBC

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