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Coup d'envoi des consultations de Québec pour contrer la violence conjugale

La première consultation du gouvernement québécois pour contrer la violence conjugale a débuté mardi à Gatineau, en présence de la ministre responsable de l'Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David, et de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

Une quinzaine d'intervenants qui œuvrent dans le milieu, en grande majorité des femmes, se sont donnés rendez-vous pour échanger sur quatre grands thèmes et proposer des pistes de réflexion aux ministres.

Elles ont notamment discuté de prévention et de sensibilisation, ainsi que d'intervention policière et judiciaire.

Pour la sous-ministre adjointe associée au Secrétariat à la condition féminine, Catherine Ferembach, les organismes qui agissent auprès des victimes de violences conjugales sont les plus à même à proposer des solutions pour contre le phénomène.

« Quand on fait un plan d'action en matière de violence conjugale [...] On va regarder ce qui a déjà été fait, les études, les recherches qui sont menées pour bien comprendre le phénomène, mais il n'en demeure pas moins que ce qui est vécu sur le terrain est souvent un très bon son de cloche, alors c'est important d'aller écouter les organismes pour bien comprendre les enjeux, pour avoir les meilleures actions possibles, et puis souvent, c'est eux qui ont de bonnes idées en terme d'intervention », reconnaît Mme Ferembach.

Le « fardeau » des démarches

Les intervenants présents à la rencontre avaient un message clair à faire passer aux ministres : que tous organismes, que ce soit des maisons pour les femmes ou des organismes qui interviennent auprès des hommes violents, travaillent de concert pour enrayer ces violences, mais aussi que des interventions soient menées auprès de toutes les catégories socioculturelles et des personnes de tout âge.

Pour la directrice générale de la Maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées, Annick Brazeau, les démarches pour les femmes qui ont été victimes de violences conjugales devraient être facilitées.

« Il y a des fois des courroies pour aider les femmes qui sont un peu escamotées, quand une femme quitte son conjoint, elle arrive épuisée, ça a été une grosse décision à prendre et parfois il y a des failles et des longueurs dans le système ce qui fait que c'est un autre fardeau pour elles », explique Mme Brazeau.

Soutenues par le mouvement de dénonciation

Cette première consultation a aussi laissé place à des discussions sur le mouvement actuel de dénonciation des violences faites aux femmes avec notamment sur les réseaux sociaux le #metoo ou #moiaussi.

La ministre David a souligné d'entrée de jeu que la mobilisation engendrée par les dénonciations devait continuer et aider à trouver des solutions pour contrer ces violences.

Pour sa part, Claire Bélanger, membre du conseil d'administration de l'organisme Elles des Deux Vallées et elle-même ancienne victime de violence conjugale, tout comme Véronique Paradis, directrice de la maison Unies-Vers-Femmes de Gatineau, estiment que ces dénonciations aident bon nombre de femmes qui sont victimes de ces violences à agir.

« Je pense que ça sert de levier, ça a réveillé des gens, ça a fait en sorte que la société se prononce en disant que c'est inacceptable et que c'est tolérance zéro envers cette violence-là », juge Mme Paradis.

Il s'agit du quatrième plan du gouvernement québécois pour contrer les violences conjugales. Le premier plan au Québec a été établi en 1995, posant les grandes bases de la lutte du gouvernement pour tenter d'éliminer ce phénomène.

Avec les informations de Kim Vallière

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