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Course à la mairie de Gatineau : du contenu et non un concours de personnalité

Ça fait des mois que l'opposition au maire de Gatineau s'organise. Certains diront que c'est le cas depuis le lendemain de l'élection de 2013. Des membres de la communauté d'affaires ont d'ailleurs récemment dressé une liste de candidats potentiels pour affronter Maxime Pedneaud-Jobin.

Le conseiller Maxime Tremblay a de son côté mis fin aux spéculations en annonçant son retrait de la vie politique.

Mais la conseillère du district de Bellevue, Sylvie Goneau, a décidé de dévoiler ses intentions... 575 jours avant l'élection du 5 novembre 2017.

Si on dit qu'en politique, des jours peuvent équivaloir à des mois - eh bien, on peut dire qu'on est à des années-lumière du prochain scrutin!

Pour mieux se faire connaître

Pour Mme Goneau, annoncer ses intentions à 18 mois de l'élection, c'est mettre cartes sur tables, ne pas jouer à la cachette et d'assumer ses intentions. Louable.

Ce qui la motive, c'est de permettre aux citoyens de mieux la connaître. Légitime.

Mais après six ans et demi à la table du conseil gatinois, on pourrait penser que les citoyens connaissent déjà celle qui ne s'est jamais gênée pour dénoncer le maire Pedneaud-Jobin et son prédécesseur, Marc Bureau.

S'ils ne la connaissent pas maintenant, il faudrait peut-être se demander pourquoi?

Un programme déterminant

Comme candidate à la mairie, Sylvie Goneau aura à réagir rapidement aux différents dossiers. Elle devra le faire de façon claire et précise pour éviter toute confusion.

La cohérence de ses propos et sa façon de les mettre en valeur seront essentielles pour la conseillère du district de Bellevue.

D'autant plus que Maxime Pedneaud-Jobin est un excellent communicateur, il a le sens de la « clip » et il n'hésitera pas à lancer quelques flèches.

Si Sylvie Goneau mise d'abord sur sa personnalité, le contenu de son programme électoral sera encore plus déterminant.

Le chef d'Action Gatineau ne se gênera pas quant à lui pour dire que son programme provient des idées des membres de son parti et qu'il n'est pas dans un concours de popularité.

Mais avant de s'emballer, laissons un peu d'eau couler sous le pont... En 575 jours, il peut s'en passer des choses.

D'un point de vue journalistique, on se souhaite du contenu, des idées, pas nécessairement un concours de personnalité. Sinon, ça risque d'être long, très long.

Jean-François LeBlanc et sa porte de garage

Par ailleurs, j'ai lu de nombreux commentaires sur la pertinence de signaler le message Twitter du conseiller Jean-François LeBlanc, qui a lancé un appel à tous, en pleine réunion du conseil municipal, pour trouver un expert en porte de garage.

S'il faut convenir qu'il y a une lourdeur dans le processus d'adoption des règlements, durant lequel les élus voient le dossier à plusieurs reprises dans une journée - comme l'a d'ailleurs souligné M. LeBlanc - il faut faire attention au respect de l'institution, du lieu de rencontre des citoyens, là où les décisions sont prises.

Je couvre la politique municipale depuis plusieurs années. Même si la plupart du temps il y a des longueurs, il y aussi des coups d'éclat et des bourdes.

Rappelez-vous lors du dernier budget : Maxime Tremblay a « oublié » de voter contre un soutien financier à l'UQO, alors qu'il s'était vertement opposé à la mesure plus tôt dans la journée.

Tout est dans la perception

Juger que la redondance des propos justifie un message Twitter après seulement deux réunions du conseil me laisse croire que M. LeBlanc risque de trouver le reste du mandat assez long...

C'est vrai qu'il y a des choses plus importantes dans la vie... Mais que ferions-nous si tous les élus se magasinaient des services personnels, en même temps, pendant une réunion du conseil?

Si on apprenait qu'un ministre se comporte de la même façon sur la colline du Parlement ou à l'Assemblée nationale, serait-ce aussi banal?

On dit que tout est dans la perception. Si les élus trouvent qu'il est justifiable d'envoyer des messages personnels sur les médias sociaux parce qu'une réunion est longue et redondante, comment s'étonner d'avoir autant de difficulté à intéresser la population à la politique municipale?

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