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Crieur public : une profession pas comme les autres

Gagner sa vie en parlant, c'est bien. Le faire en criant, c'est encore mieux! C'est ce qu'a réussi Daniel Richer, dit LaFlêche, qui est crieur public professionnel depuis 34 ans. Il revient pour Radio-Canada sur les spécificités de ce métier assez inusité.

Un texte d'André Dalencour

Les origines

Crieur de ville dans le Massachusetts en 1909. Photo:Wikipédia

Bien que pour beaucoup de personnes, le métier de crieur évoque surtout la période du Moyen Âge, Daniel Richer rappelle qu'on en retrouvait dès la Grèce antique.

« Ils annonçaient le début et la fin des journées de travail, le résultat des guerres. On est l'antécédent des journalistes. Un des résultats, lorsqu'on annonçait une mauvaise nouvelle, était d'être décapité », souligne-t-il, bien heureux que cette issue funeste ne soit plus d'actualité.

L'uniforme

Un crieur public lors d'une compétition. Photo : The Ontario Guild of Town Criers

Daniel Richer préfère parler d'uniforme, plutôt que de costume. Il en possède une vingtaine, dont certains qui coûtent jusqu'à 1500 $. Il faut savoir que tout est fait sur mesure et à la main par souci d'authenticité.

« On le porte aussi souvent qu'un policier ou un pompier porte son uniforme, alors c'est important qu'il soit très bien fait », indique Daniel Richer. L'investissement en veut la peine : récemment, l'homme de Gatineau a participé à une compétition en Nouvelle-Zélande où il a remporté le premier prix dans la catégorie « élégance ».

Une confrérie

Des crieurs publics lors d'une compétition internationale. Photo : The Ontario Guild of Town Criers

Pour devenir crieur au Canada, il faut être nommé par édit municipal, provincial ou fédéral. « Le crieur public représente la communauté, donc le maire et les échevins doivent approuver le métier de crieur », précise Daniel Richer, qui est le seul à exercer au Québec.

Il affirme qu'en Ontario ils sont une trentaine et que le Canada est le deuxième pays en termes d'effectif, après l'Angleterre. Par ailleurs, Daniel Richer estime à près de 1200 le nombre de crieurs autour de la planète. Ils sont organisés en corporation et ils se réunissent régulièrement pour des compétitions de voix, de projection et d'élégance.

Des occasions variées

La reine Élisabeth II, Les Beach Boys et l'ancien leader soviétique Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev. Photo:Gouvernement du Canada/ Brian Peters/RIA Novosti

Daniel Richer a déjà utilisé ses talents pour annoncer la reine Élisabeth II, l'ancien leader soviétique Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev ou Les Beach Boys. Il a aussi officié dans des événements sociaux, artistiques ou à connotation amoureuse, tels que des déclarations d'amour ou des demandes en mariage.

Il arrive enfin que Daniel Richer soit sollicité par les Municipalités lors d'occasions spéciales telles que des journées dédiées ou des événements sportifs.

« J'aime beaucoup ce que je fais. Être crieur me permet d'écrire, d'interagir avec les gens et de crier dans des événements où la plupart des gens se feraient arrêter, alors c'est quand même bien », explique-t-il.

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