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Crise des opioïdes : les pharmaciens veulent un plus grand rôle dans la gestion des ordonnances

EXCLUSIF - L'Association canadienne des pharmacies de quartier demande la mise en place d'un système de consultations obligatoires pour tous les patients qui reçoivent des ordonnances d'opioïdes en Ontario.

Un texte de Katherine Brulotte

Les pharmaciens ont également déposé une demande auprès du gouvernement fédéral pour obtenir la permission de modifier les ordonnances, par exemple en réduisant les doses ou en proposant d’autres traitements pour le soulagement de la douleur.

L’association, qui représente plus de 6500 pharmacies, dont celles de Pharmaprix et de Walmart, demande à l’Ontario de bonifier son programme MedsCheck. En ce moment, le programme permet aux patients qui souffrent de diabète, qui ont besoin de plus de trois médicaments différents ou qui habitent dans des centres de soins de longue durée de recevoir des consultations à domicile ou en magasin.

Selon le modèle proposé, les consultations en pharmacie coûteraient au gouvernement provincial 75 $ par première consultation de l’année, puis 25 $ par rencontre de suivi. Ces sommes seraient versées aux pharmacies.

Justin Bates, directeur de l’Association canadienne des pharmacies de quartier, demande que tous les patients qui reçoivent pour la première fois une ordonnance pour des opioïdes obtiennent cette consultation, au cours de laquelle le pharmacien pourrait, entre autres, vérifier la compatibilité du nouveau médicament avec ceux figurant déjà dans le dossier du patient, discuter des risques de développer une dépendance et s’assurer que le patient consomme les médicaments de manière appropriée et sécuritaire.

La demande a d’abord été présentée à Queen’s Park, mais l’association espère que d’autres provinces pourront adopter un tel programme.

Le ministre de la Santé étudie la proposition

Le ministre de la Santé de la province, Eric Hoskins, affirme qu’il étudie la proposition. Il souligne que l’ampleur de la crise nécessite l’exploration de toutes les suggestions, mais admet que celle-ci pourrait coûter cher.

Selon les plus récentes données de l’organisme Qualité des services de santé Ontario, plus de deux millions de personnes ont reçu une ordonnance d’opioïdes en Ontario l’an dernier.

Les pharmaciens affirment être en position de jouer un rôle plus important. Ils demandent des changements à la loi fédérale sur les aliments et les drogues pour permettre aux pharmaciens de modifier ou de réduire le dosage des ordonnances ou encore de proposer d’autres formes de traitements.

Santé Canada reconnaît que les pharmaciens jouent un rôle dans la prévention des surdoses d'opioïdes, en raison de leurs compétences et du fait qu'il est facile d'avoir accès à leurs services.

Le ministère refuse de s'engager et confirme seulement qu'il a reçu la proposition de l'Association canadienne des pharmacies de quartier et qu'il consultera l'association ou d'autres groupes au besoin.

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