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Critiquer son assiette sur les réseaux sociaux

« Magic Mimi » est une foodie convaincue. Depuis un peu plus de deux ans, elle documente chacune de ses sorties au restaurant, de Gatineau, à Toronto, en passant par Paris et Barcelone. Sur son profil Yelp, 460 commentaires et 1885 photos : de quoi faire rougir les critiques les plus prolifiques.

Un texte de Yasmine Mehdi pour Les malins

« Mes parents sont d'origine chinoise. Chaque jour, ils préparaient des repas élaborés avec beaucoup de produits frais, de saveurs et d'ingrédients », se souvient Amelia King, plus connue sous son pseudonyme « Magic Mimi ».

Âgée de 25 ans, la jeune femme travaille comme conseillère financière pour le gouvernement fédéral. Un emploi qui lui permet de bien gagner sa vie, mais qui ne lui permet pas de vivre pleinement sa passion : la nourriture.

« Dès que j'ai commencé à travailler et que j'avais de l'argent à dépenser, j'ai commencé à visiter deux, trois restaurants par semaine », explique-t-elle. « Mes amis me demandaient toujours des suggestions de restaurants, donc j'ai commencé à publier mes impressions sur les réseaux sociaux, sur Yelp et sur Instagram. »

Luminosité, musique, assiettes, menu : dès son entrée dans un restaurant, Amelia observe le moindre détail, jusqu'au sourire du serveur.

« En général, je pense que les gens me font confiance parce que j'essaie de faire les critiques les plus détaillées possible », explique-t-elle.

Perchée au-dessus de son assiette, elle agence la table pour prendre le cliché parfait. « Je prends toujours beaucoup de photos pour Instagram et Snapchat », lâche-t-elle. .

Car Amelia est en concurrence ave une multitude d'autres critiques amateurs, certains moins scrupuleux.

« Il y a des gens qui le font pour gagner de l'argent, ou parce qu'ils sont amis avec le propriétaires. Je ne pense pas que ce soit très honnête », déplore-t-elle.

Quelques restaurateurs ont déjà invité Amelia à manger de leur restaurant à leurs frais. La critique amateure se fait toutefois un point d'honneur de mentionner toute invitiation à ses abonnés. « Je le fais vraiment pour aider la communauté. »

Être crédible pour Mimi est essentiel, d'autant plus qu'elle envisage lancer son propre blogue. « Peut-être que dans le futur, mes critiques seront moins un hobby et plus une carrière », espère-t-elle.

Un phénomène qui change le travail des professionnels

Ce qui n'est encore qu'un simple loisir pour Amelia a des répercussions très concrètes sur les restaurateurs.

La pression de la performance en cuisine s'ajoute en effet à celle d'Internet, où des personnes ordinaires peuvent s'improviser critiques gastronimiques et ainsi porter atteinte à la réputation d'un établissement.

« Il faut faire attention d'où vient la critique. C'est certain qu'en tant que restaurateurs, on est sur les réseaux sociaux, on va analyser toutes ces critiques », a déclaré le chef Daniel Vézina en entrevue à l'émission Les malins.

Benoît Desjardins, un restaurateur de l'Outaouais, estime pour sa part que les réseaux sociaux favorisent « le lien direct avec le consommateur », mais qu'ils comportent le risque de perdre la face publiquement.

« On peut très bien dire que [le phénomène des réseaux sociaux] est terrible parce que ça peut nous faire tomber. Mais je pense que ça a moins d'impact qu'à l'époque où il y avait seulement les critiques dans les journaux où il n'y avait pas de réponse possible », a conclu l'animateur Francis Reddy.

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