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D'ex-employés de Nortel qui ont perdu leurs prestations d'invalidité tentent toujours d'obtenir justice

Les avocats et les comptables qui ont travaillé sur le dossier de faillite de Nortel ont empoché jusqu'à maintenant 2,5 milliards de dollars, selon une analyste financière indépendante. Pendant ce temps, les employés qui recevaient des prestations d'invalidité de longue durée du géant des télécommunications ont cessé de recevoir leur argent.

Greg McAvoy, un ex-gestionnaire de Nortel atteint de la sclérose en plaques, est l'un des quelque 350 Canadiens souffrant d'une maladie chronique ou mortelle, qui ont perdu leurs prestations de la compagnie en 2010.

M. McAvoy reçoit une pension d'invalidité de 1100 $ par mois du gouvernement fédéral, mais rien de son ex-employeur, malgré les assurances d'invalidité de longue durée qu'il a payées pendant des années. Il estime que la situation est déplorable.

« Nous nous sommes fait dire en cour que Nortel n'avait pas d'argent. Pourtant, ils ont payé tout cet argent en frais judiciaires [trad. libre] », souligne-t-il.

Près de huit ans après le début des procédures de faillite, le dossier de Nortel n'est pas encore clos. Les retraités et anciens employés sont toujours des requérants et espèrent aboutir à une attente.

Des changements encore possibles

En 2010, le sénateur Art Eggleton avait proposé un projet de loi, afin que les ex-employés de Nortel présentant des invalidités obtiennent réparation avant les autres créanciers. Toutefois, les conservateurs avaient défait ce projet de loi.

Le sénateur Egleton croit que le nouveau gouvernement libéral peut encore faire des changements rétroactifs à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, afin que l'argent aille au fonds d'assurance pour les invalidités à long terme dans le dossier de Nortel plutôt qu'aux autres créditeurs.

Une analyse indépendante

L'analyste financière indépendante Diane Urquhart, qui suit de près le dossier, évalue à un peu plus de 2,5 milliards les coûts en frais de professionnels depuis le début du processus de faillite.

Mme Urquhart croit que les ex-employés de Nortel souffrant d'invalidité ont besoin de justice et de compassion. Elle estime que leurs demandes, qui s'élèvent à 44 millions de dollars, représentent seulement 1 % de la valeur totale de Nortel au Canada.

Le dossier est maintenant entre les mains du ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada, Navdeep Bains. Dans une déclaration écrite, le ministère a confirmé à CBC avoir rencontré Mme Urquhart ainsi que des représentants du groupe qu'elle représente.

Le ministère refuse toutefois de commenter le dossier de Nortel, puisqu'il demeure devant les tribunaux.

D'après CBC

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