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De la Syrie à Gatineau, le périlleux parcours de la famille Dablan

Alors qu'Ottawa est l'hôte cette semaine d'une rencontre internationale pour discuter du parrainage de réfugiés, des familles syriennes accueillies dans la région de la capitale nationale soulignent le premier anniversaire de leur arrivée au pays. C'est le cas de la famille Dablan, la toute première accueillie à Gatineau. Fuir la guerre à tout prix, par n'importe quel moyen, tel était l'objectif en 2011. Comme de milliers d'autres Syriens avant eux, les parents et leurs nombreux enfants ont entrepris le long chemin vers le Liban, sans eau ni nourriture... Une route pleine de risques, qui devait les mener vers un rêve, celui de la sécurité.

Whalid Dablan, 33 ans, et sa femme Sahar, 31 ans, menaient une vie tranquille avec leurs enfants à Hama, en Syrie, lorsque la guerre civile a éclaté.

Whalid travaillait dans une usine de plastique. Sahar oeuvrait, en compagnie d'autres membres de la famille, dans le domaine de l'agriculture.

En 2011, lors du Printemps arabe, Hama est au centre de violents combats que se livrent les rebelles et l'armée syrienne.

Le gouvernement de Bachar Al-Assad est implacable et la répression fait des centaines de morts.

À cause de la guerre, ils ne dormaient pas, ils ne mangeaient pas. C'était la panique!

Chaou Zouhair, bénévole et interprète

Whalid ne fait ni une ni deux et cherche par tous les moyens à mettre sa famille, alors composée de cinq enfants, en sécurité.

Il abandonne tout : sa maison, son emploi. Il plie bagage et prend la route avec les siens.

Suivez l'itinéraire de la famille Dablan

Cliquez sur les ronds rouges pour lire ou visionner un reportage à leur sujet :

Une expérience libanaise troublante

C'est d'abord au Liban, à Baysour, chez un membre de la famille, que les Dablan croient trouver un peu de confort et de quiétude.

La vie au Liban est très dure. Whalid s'est déniché un petit emploi, mais l'essentiel de sa modeste paye sert à couvrir ses soins de santé. C'est que Whalid a un important problème à un rein.

En plus, le pays du Cèdre est aux prises avec d'importantes tensions sociales et n'est pas à l'abri de violence sectaire.

Les réfugiés syriens sont pris à partie par les Libanais, qui les accusent de voler leurs emplois.

La vie des Dablan ne semble pas plus facile à Baysour qu'à Hama.

La guerre, c'est dur. Les enfants n'étaient pas scolarisés. Les parents ne trouvaient pas ce qu'ils voulaient au Liban.

Chaou Zouhair, bénévole et interprète

Entre-temps, Sahar donne naissance à son sixième enfant, Mohamed. C'est une bouche de plus à nourrir.

Les ressources au Liban sont limitées, presque inexistantes, compte tenu du grand nombre de réfugiés qui occupent le pays.

Whalid se désole de sa situation lorsqu'un appel inattendu de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés vient changer la donne.

Une terre d'accueil gatinoise

Après avoir vécu au Liban pendant plus de quatre ans, les Dablan reçoivent le feu vert pour s'envoler vers le Canada.

Whalid ne connaît pas très bien le Canada, il hésite à faire le grand saut. Mais son désir d'offrir à sa famille de meilleures conditions de vie est plus fort que tout.

Le 6 janvier 2016, les Dablan aboutissent à Gatineau.

Le papa subit une chirurgie pour retirer un de ses reins. La maman donne naissance à son septième enfant, une fille nommée Ferial.

Vivre en paix. Donner une bonne éducation à leurs enfants. C'est tout ce qu'ils souhaitent.

Chaou Zouhair, bénévole et interprète

Les Dablan ne sont pourtant pas au bout de leurs peines. De nombreux défis les attendent ici. « Le problème, c'est le français », soutient Chaou Zouhair, un bénévole d'Accueil Parrainage Outaouais qui leur sert d'interprète.

Les enfants fréquentent une école francophone et apprennent rapidement la langue de Molière, rapporte-t-il, « mais pour les parents, ce ne sera pas facile. »

De nombreux défis

Trouver un emploi, se procurer un permis de conduire, consulter un médecin, etc. Toute l'administration publique fonctionne en français.

« Ils ne sont pas hautement scolarisés », rappelle quant à elle Maureen McMahon, une autre bénévole qui les visite régulièrement. « Tout au Canada demande un niveau de lecture et d'écriture assez élevé. Alors, c'est un défi pour eux. »

À Gatineau, tout n'est pas parfait. Les Dablan reconnaissent qu'ils ont beaucoup de pain sur la planche. Mais la famille est en sécurité et pour le moment c'est l'essentiel...

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